Diagnostic Littéraire à l'Aveugle
Bijour li koupins !
Je podcaste depuis quelques mois une émission radio de jeux littéraires du dimanche, absolument géniale pour ceux qui aiment la langue, la poésie et s'amuser comme des gamins ! Ca s'appelle "Des papous dans la tête" et ça passe sur France Culture, à midi je crois. Le titre est un peu ringue - il date de pas mal d'années - mais l'écoute vaut le coup. L'occasion est trop bonne pour ne pas sauter dessus, dans tous les sens des termes, et je ne résiste pas au plaisir de vous faire découvrir, si vous ne le connaissez pas encore, un de mes jeux préférés.
Le Diagnostic Littéraire à l'Aveugle (abrégé en DLA) se joue à un nombre illimité de joueurs - pratique pour ici. L'un d'entre eux propose à la sagacité des autres un extrait de texte littéraire d'un auteur connu, français ou étranger, tiré de sa propre bibliothèque, mais dont il prend soin de cacher le nom. L'extrait doit être assez bien choisi (dans un passage étonnant, ou un livre peu connu) pour être évocateur et intéressant tout en étant subtilement flou et indécidable. Le but est bien sûr de deviner, après une réflexion serrée et collective autour du ton, du style, du genre de l'extrait (et de questions simples comme : où cela se passe-t-il ? de quand date le texte ? qui écrit, un homme ou une femme ? à quel moment du livre se situe l'extrait ? est-ce une traduction ? etc., etc.), qui en est l'auteur caché. Ceux qui jouent sur France Culture sont des écrivains et des grosses têtes. Ils ne trouvent jamais du premier coup, et le plus souvent même pas du deuxième. Pour vous donner une idée du niveau de difficulté... Mais évidemment, avec eux on peut pas prendre le premier classique venu, ils le reconnaîtraient aussitôt - et encore. Par contre, entre nous les débutants, on peut être plus cools.
Voici donc quelques lignes à méditer :
"Cette femme lubrique, à qui ne manquent point
Les grimaces, les pleurs, pour appuyer le masque
Dont elle est aujourd'hui devant vous affublée,
Est depuis bien longtemps la maîtresse adultère
Du jeune débauché que voilà ! Messeigneurs,
Ce n'est pas un soupçon, c'est une chose sûre,
Manifeste : on l'a prise avec lui sur le fait.
Le mari débonnaire, hélas ! a pardonné:
Bonté malencontreuse, et qui fait du pauvre homme
L'innocente victime et la plus malheureuse
Qu'un coeur trop généreux ait traîné sur ces bancs !
Car ceux-là ne sachant, si ce n'est par le crime,
Reconnaître un présent si précieux, si rare,
Tellement au-dessus de leur reconnaissance,
Détestèrent d'abord ce bienfait, puis voulurent,
En fait de gratitude, extirper sa mémoire;
Et veuillez observer, Messeigneurs, la malice,
Disons mieux, la fureur des méchants convaincus,
Et comme leurs forfaits leur donnent de l'audace !"
J'attends donc, dans un premier temps, vos diagnostics sur ce texte. N'hésitez pas à faire des hypothèses, non tout de suite sur l'auteur mais sur la nature de l'extrait (les questions de tout à l'heure, le genre, le ton, le style... sans oublier le but ultime : trouver l'auteur !); si vous argumentez bien, vous nous convaincrez... ou pas ! Il peut y avoir un dialogue à plusieurs voix, pour relancer, argumenter encore plus, se disputer... autant que vous voulez. Proposez à la fin de votre brillant commentaire ou de ce passionnant débat un ou deux noms, pas plus.
Quand tous les joueurs se seront prononcés, je vous proposerai à mon tour trois noms, que j'ai déjà choisis - donc vous pouvez très bien tomber dessus si vous avez du pif ! - dont le nom gagnant. A vous ensuite d'indiquer votre choix final et surtout de dire pourquoi. Y aura peut-être une surprise pour le ou la gagnant/e, si j'ai la preuve qu'il n'y a pas eu fraude ! Google interdit sinon c'est pas drôle !!!
Ce jeu est le plus terrible et le plus frustrant que je connaisse, et j'espère que vous l'apprécierez autant que moi ! Et pour les prochains coups, n'hésitez pas à proposer des textes, que je me torture à mon tour avec vous ! :D
super quizz
Encore une fois, je vous présente platement mes excuses pour
ce délai involontaire, n'étant toujours pas sorti complètement
de la tourmente scolaire et familiale! Tatiana, en rentrant à Paris
tu pourras vraiment me taper dessus pour de bon ; enfin, pas trop fort,
s'il te plaît!
Voici en tout cas un quizz pas taouti rikiki, et de surcroît, costaud
tant par le contenu que par la contention de la pensée, pour les
amateures et amateurs de philo non allégée :
"Montaigne a tort. La coutume ne doit être suivie que parce qu'elle est
coutume, et nonparce qu'elle soit raisonnable et juste. Mais le peuple
la suit par cette seule raison qu'il la croit juste. Sinon il ne la suivrait
plus quoiqu'elle fût coutume, car on ne veut être assujetti qu'à la raison
ou à la justice. La coutume sans cela passerait pour tyrannie, mais
l'empire de la raison et de la justice n'est non plus tyrannique que
celui de la délectation. Ce sont les principes naturels à l'homme."
"Hegel note quelque part que tous les grands événements et personnages
historiques surviennent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d'ajouter :
une fois comme grande tragédie et la fois d'après comme misérable farce.
Louis Blanc pour Robespierre, la Montagne de 1848-1851 pour la Montagne de
1793-1795, et le connétable de Londresavec les premiers venus d'une
douzaine de lieutenants endettés pour le petit caporal avec sa table ronde
de maréchaux! Le 18 Brumaire de l'idiot pour le 18 Brumaire du génie!"
"L'usage est-il un acte de volonté?
Objections :
1. Non, semble-t-il. Car, pour S. Augustin, "user c'est référer ce dont
on a l'usage à autre chose que l'on veut obtenir". Mais référer une chose à une
autre relève de la raison, dont le propre est précisément de comparer et
d'ordonner. L'usage n'est donc pas un acte de la volonté mais de la raison."
"(Il faut obéir) perinde ac cadaver, comme un cadavre.
(Ceux qui refusent de le faire) sont comme des membra putrida,
des membres pourris"
"Français, je vous le répète, l'Europe attend de vous d'être à la fois
délivrée du sceptre et de l'encensoir. Songez qu'il vous est impossible
de l'affranchir de la tyrannie royale sans lui faire briser en même temps
les freins de la superstition religieuse : les liens de l'une sont trop
intimement unis à l'autre pour qu'en laissant subsister un des deux
vous ne retombiez pas bientôt sous l'empire de celui que vous aurez
négligé de dissoudre. Ce n'est plus ni aux genoux d'un être imaginaire
ni à ceux d'un vil imposteur qu'un républicain doit fléchir ; ses uniques
dieux doivent être maintenant le courage et la liberté. Rome disparut
dès que le christianisme s'y prêchat, et la France est perdue s'il s'y
révère encore"
"L'imagination (comme faculté de connaissance productive) est, en effet,
très puissante pour créer une autre nature pour ainsi dire à partir de
la matière que la nature réelle lui donne. Nous nous divertissons avec
l'imagination lorsque l'expérience nous paraît par trop quotidienne ;
et nous transformons même celle-ci."
"— Mon maître, je ne sais si vous avez été savetier. Dites-moi, je vous
prie, en quoi consiste l'essence, la nature, la quiddité et la raison formelle,
les propriétés, la formalitité informante et le dernier ingrédient d'un
soulier.
— Il te faudrait aller chez les cordonniers, ***, pour tirer de certaines
nouvelles de ta demande.
— Mais je vous prie de m'ôter de cette peine,vous me ferez plaisir ;
car j'userais la moitié de mes souliers à y aller, comme l'autre jour
que vous m'envoyâtes porter une lettre à une demoiselle, je reçus
le plus grand affront que j'aie jamais eu au monde.
— Quel affront reçus-tu si grand?
— Votre avarice en fut cause : vous m'aviez fait attacher des couennes
de lard à mes souliers ; je fus tout étonné qu'en pensant faire la révérence
en baillant ma lettre, qu'un petit chien me vint déchirer la moitié du
talon de mon soulier gauche. Mais venons à nos moutons.
— Pour satisfaire à ta demande, on ne peut pas autrement dire en
quoi consiste l'essence d'un soulier, sinon en sa figure et en sa
composition : il est de cuir, il a ses liaisons, ses conjonctions,
carrures, semelles, etc.
—Je ne suis point philosophe, toutefois je trouverai bien la raison
et en quoi consiste la nature et l'essence du soulier. Sa quiddité
et raison essentielle consiste en la forme du talon : car un soulier
sans talon, ce n'est pas un soulier, c'est une pantoufle."
"L'arc-en-ciel est une merveille de la Nature si remarquable, et
sa cause a été de tout temps si curieusement recherchée par
les bons esprits, et si peu connue, que je ne saurais choisir de
matière plus propre à faire voir comment, par la méthode dont
je me sers, on peut venir à des connaissances que ceux dont
nous avons les écrits n'ont point eues."
"L'année dernière, j'ai intitulé ce que je croyais pouvoir vous
dire — "...ou pire", puis — "Ca s'oupire". Ca n'a rien à faire avec
je ou tu — je ne t'oupire pas, ni tu ne m'oupires pas. Notre chemin,
celui du discours analytique, ne progresse que de cette limite étroite,
de ce tranchant du couteau, qui fait qu'ailleurs ça ne peut que
s'oupirer."
"On pourrait dire ceci : "Je sais" exprime la certitude apaisée,
non celle qui est encore en état de lutte".
"Dire que le peuple a le pouvoir dans un régime démocratique,
c'est parler sans rigueur, et c'est penser mollement ; les déceptions
suivent ; car dans le fait il est trop clair que le peuple exerce
tout au plus une fonction de contrôle sur des pouvoirs prééxistants.
Auguste Comte, qui a médité là-dessus avec attention et sans préjugé,
veut que l'on regarde en face une vérité de nature, c'est que chaque individu
gouverne selon sa force propre. L'un est habile à diriger la chasse ou la guerre ;
c'est sa force propre qui le met au gouvernement."
"Toutes les fois donc que nous voulons travailler à un ouvrage qui
demande du Grand et du Sublime, il est bon de faire cette réflexion :
comment est-ce qu'Homère aurait dit cela?"
"A ces mots, il fit un éclat de rire amer, et s'écria : O Hercule, voilà bien
l'ironie ordinaire de Socrate! Je le savais, moi, et j'avais prédit à la
compagnie que tu refuserais de répondre, que tu singerais l'ignorant, et
que tu ferais tout plutôt que de répondre, si on te posait quelque question.
— C'est que tu es un habile homme, Thrasymaque, repartis-je : tu savais bien
que, si tu demandais à quelqu'un ce qu'est le nombre douze, en prenant la
précaution d'ajouter : "Prends garde, l'ami, à ne pas dire que c'est deux
fois six, ni trois fois quatre, ni six fois deux, ni quatre fois trois, parce que
je ne me contenterais pas de telles niaiseries", tu savais fort bien, n'est-ce pas,
que personne ne répondrait à une question ainsi posée."
"Les grands penseurs se rudoient entre eux. — "Je pense, donc je suis", dit
Descartes. — "Paralogisme!" réplique Gassendi."
neige et brise-chutes
Le second chroniqueur est de retour! Et pour tout
dire, de retour du ski : avec chasse-neige, application
de la méthode infallible pour tomber (si si, les
premiers temps ça peut s'avérer utile!) et bonnes
gamelles à la clé...
Ceci dit, je ne vous conterai pas par le menu mes nouvelles
connaissances en matière de carres amont et de
carres aval, de dérapage contrôlé et de virage en
évolution avec planté de bâton ou de genoux en avant
et buste redressé : seulement le plaisir de retrouver
Koudonc Tabarnak!
Et pour commencer, puisque je vis que les quizz à thème
ne vous déplussent point, je lancerai donc le premier thème :
la tragédie baroque et classique, celle du XVI° et celle du
XVII° : que chacun s'arme de son armure littéraire et comique,
pour répondre sérieusement ou légèrement à des questions
récréatives et uniquement récréatives — les jeux méchants
et rapetis n'y ayant évidemment pas leur place!
De quelles pièces les vers suivants sont-ils tirés :
—A moi, comte, deux mots.
—Parle
—Ôte-moi d'un doute.
Connais-tu bien Don Diègue?
—Oui.
—Jusques à quand, Seigneur, épandras-tu ton ire?
Jusques à quand voudras-tu ton peuple aimé détruire,
L'infortuné Juda, que tu as tant chéri,
Que tu as quarante ans par les déserts nourri,
Comme un enfant tendret que sa nourrice allaite,
Et ores en rigueur ta dure main le traitte?
O seigneur nostre Dieu, ramolli ton courroux,
Rasserene ton oeil, sois pitoyable et doux
—Je sors de l'Achéron, d'où les ombres des morts
Ne ressortent jamais couvertes de leurs corps :
Je sors des champs ombreux, que le flambeau du monde
Ne visite jamais courant sa course ronde :
Ains une espoisse horreur, un solitaire effroy,
Un air puant de souphre, un furieux aboy
Du portier des Enfers, Cerbere à triple teste,
Maint fantôme volant, mainte effroyable beste.
(...)
Mais quoy? c'est le destin, c'est ce mechant destin,
Que mesme Jupiter, tant il luy est mutin,
Ne sçauroit maistriser : Jupiter qui d'un foudre
Qu'il lance de sa main, peut tout broyer en poudre.
—Prends un siège, Cinna, et assieds-toi par terre
Et si tu veux parler, commence par te taire.
—Je ne sais si mon coeur s'apaisera jamais :
Ce n'est pas son orgueil, c'est lui seul que je hais.
—Dieu qu'il est joli garçon l'assassin de papa!
LA PIÉTÉ
—Du séjour bienheureux de la Divinité,
Je descends dans ce lieu, par la Grâce habité ;
—Rodrigue, as-tu du coeur?
—Tout autre que mon père
l'éprouverait sur l'heure.
—Tirez donc. Quels vacarmes!
Ils ont pissé partout.
—Monsieur, voyez nos larmes.
Voici le quizz tragédie baroque et classique — agrémenté de quelques
passages comiques ou parodiques, tous se rapportant ou provenant
du thème choisi : chacune et chacun peut ajouter ou
enrichir à la belle façon... ou proposer d'autres thèmes.
Merci des participations de toutes et tous!
Tatiana, bravo pour ton travail et ta constance! Je ne suis pas sûr
non plus d'avoir été capable d'une telle aménité!
En tout cas, ta contribution à ce colloque de New York est une excellente
nouvelle : macte virtute, age, Tatiana!
en rythme troisième
Un autre quizz pour les mordu(e)s de devinettes piquantes :
"Au bout des deux jours que la reine m'avait donnés,
comme j'entrais dans la chambre où toutes les dames
étaient en cercle, elle me dit tout haut, avec un air
grave qui me surprit : Avez-vous pensé à cette affaire
dont je vous ai chargé et en savez-vous la vérité?
—Oui, Madame, lui répondis-je, et elle est comme je
l'ai dite à votre Majesté. —Venez ce soir à l'heure que
je dois écrire, répliqua-t-elle, et j'achèverai de vous
donner mes ordres. Je fis une profonde révérence
sans rien répondre et ne manquai pas de me trouver
à l'heure qu'elle m'avait marquée. Je la trouvai dans
la galerie où était son secrétaire et quelqu'une de ses
femmes. Sitôt qu'elle me vit, elle vint à moi et me
mena à l'autre bout de la galerie. —Eh bien! me dit-elle,
est-ce après y avoir bien pensé que vous n'avez rien à
me dire, et la manière dont j'en use avec vous ne
mérite-t-elle pas que vous me parliez sincèrement?"
"Après m'être assuré que personne ne me voyait, je me
plongeai dans ce dos comme un enfant qui se jette dans le sein
de sa mère, et je baisai toutes ces épaules en y roulant ma tête."
Et les quizz à thème? Que vous en semble?
Un autre, un autre !!...
... crie la foule des bloggeurs en délire !
Ok, ok, en voici un autre, de quizz des citations, rien que pour votre plaisir (enfin, surtout le mien ??). C'est vrai que c'est le fun, et puis c'est une façon de se cultiver !
Qui a dit :
"Le plus bel arrangement est semblable à un tas d'ordures rassemblées au hasard"
"La femme est le produit d'un os surnuméraire"
"Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît."
"La question n'est pas de savoir si Dieu existe ou non. Mais plutôt : qui est-Il, et à quoi joue-t-Il ?"
Bande de (ci)trouillards !
Heu... bon, revenons un peu sur nos pas et mettons à jour les affaires courantes...
J'ai lancé une énigme consacrée à Halloween il y a quelques jours, il est temps de donner le fin mot de l'histoire !
J'ai reçu de forts belles réponses, qui prouvent que cette belle fête irlandaise d'origine (enfin celtique, pour être plus vague) ne suscite pas qu'un intérêt forcé et un enthousiasme poussif de votre côté de l'Atlantique, et même au pays du saucisson sec.
Elire le vainqueur n'est pas facile, mais si je me souviens bien, c'est maman qui est la plus proche de la réalité pour une partie de la réponse.
Au temps des Gaulois nos ancêtres (surtout les vôtres), le 31 octobre c'était le 31 décembre ! Pas que les Teutons avaient deux mois de décalage horaire à cause de la brume, mais notre calendrier actuel nous vient des Romains, c'est-à-dire de gens un peu plus civilisés (pardon pour les Allemands qui m'écoutent, c't'une joke là !). Donc le 31 octobre, dernier jour de l'été, les druides se réunissaient, et tout le village, pour un rituel censé calmer les esprits des morts, qui, croyaient-ils, se baladaient sur Terre le jour de l'An précisément, certainement sur leur 31... octobre, évidemment. On allumait un grand feu et chaque druide en remportait une braise ardente dans sa propre cheminée, pour raviver la flamme en quelque sorte, comme on fait pour les morts au champ. La fête de Samain, Samain étant un gâteau dans lequel on creusait des têtes effrayantes, battait son plein dans le village pendant quinze jours, au cours desquels les Gaulois se déguisaient en monstres pour faire pâlir de peur la Faucheuse.
C'est bien intéressant, direz-vous pour peu que vous soyez totalement hypocrites, mais tout ça ne nous dit pas pourquoi précisément on creusait des citrouilles !!
Eh bien il semble que cela ait un rapport avec la légende de Jack O'Lantern. Tout de suite quand on dit ça, ça nous éclaire. Le vieux Jack était ivrogne et avare (tiens donc). Un jour, le Diable vint lui rendre visite pour l'embrocher sur son trident. Le vieux, pas con, au lieu de le suivre docilement, tenta le Malin en lui proposant de boire un verre (! à sa santé ?), et quand il fallut payer l'addition, Méphisto se transforma en pièce d'or, que le picsou se pressa d'enfermer dans un coffre à la serrure en forme de croix. Il le garda ainsi au chaud un petit moment, après quoi il relâcha son prisonnier sous la promesse de le laisser compter ses tas d'or en paix pour encore au moins une année (qu'on appelle d'ailleurs "année sabbatique" [youhou, c'est trop la grande forme aujourd'hui !!!]). Douze mois plus tard, voilà Lucifer de retour à l'huis de l'avare pour lui réclamer son dû. Cette fois-ci encore le croulant dupa son maître, et il en fut quitte pour quelques belles années. Mais personne n'échappe longtemps à l'emprise des ans, même avec Q10 anti-âge. Gripsou finit par crever et descendit... Dieu sait où : chassé du Paradis (et pour cause), viré de l'Enfer (tu parles Charles !), notre pauvre vieux hère en fut rendu à quémander un bout de charbon au Diable, qui, grand prince, même si c'est des ténèbres, lui céda. Muni de ce tison, qu'il mit dans un navet qu'il était en train de chiquer, Jack put au moins voir où il mettait les pieds sur le noir chemin pavé des bonnes intentions.
Ainsi, la petite lumière vit le jour dans un navet irlandais (il n'y avait pas de cucurbitacée à cette époque chez les Anglos), pour finir dans une tête creuse grimaçante et américaine.
La tradition d'Halloween est donc un pot-pourri de légendes urbaines... dont vous pouvez avoir tous les détails sur un joli site : http://www.halloween.tm.fr/default.asp?fichier=/home.asp
Il est un peu tôt pour vous dire bonne nuit les petits, en attendant je voudrais faire quelques remarques d'ordre général :
1) J'ai un challenger officiel !!! Bienvenue à Jean dans la blogosphère, à partir de maintenant Chevalier, c'est bataille de bons mots à coups d'épée dans l'eau (ça veut rien dire mais ça sonne bien) ! Vive le dialogue littéraire virtuel !
2) Je me suis aperçue que j'avais effacé sans les télécharger quelques photos de ma fête de départ du 9 août... Bouhouhouhou !!!! Je vous enverrai les autres, enfin à ceux qui étaient là, ou je les mettrai ici, même si c'est un peu hors de propos, mais après tout qui nous empêche de faire dans l'anachronisme ?
3) Je suis bien en retard dans la narration des rebondissements et retombées... Notamment en ce qui concerne la vie théâtrale montréalaise, et les "progrès" du groupe de lecture... Coming soon...
4) Avez-vous remarqué que vous pouvez non seulement vous abonner au blog, mais en plus vous inscrire à la newsletter ??? C'est à gauche de l'écran, il n'y a qu'à mettre votre courriel dans la case blanche prévue à cet effet, et vous recevrez les alertes de nouveaux messages sur votre boîte perso (si tout marche bien). Plus de stress, plus d'angoisse devant la page verte, vous serez au courant de tout c'qui s'passe dans la place !
A tout tantôt la gang !
T'as la trouille des citrouilles ??
Eh oui, c'est Halloween, ses déguisements, ses chapeaux de sorcière, ses bonbons à foison, ses squelettes aux portes... et ses citrouilles !
D'ailleurs, savez-vous pourquoi on creuse les cucurbitacées pour leur donner des faces plus effrayantes les unes que les autres ?
C'était la nouvelle énigme du soir, bonsoir !!
Toto lô git...
Eh oui, bravo à Janus multifaces !
Il s'agissait bien d'une tautologie, voire d'un pléonasme (mais pas tout à fait, tautologie est mieux ici), "galaxie" venant du grec "to gala, tou galaktos", le lait !!
En passant, et pour faire un brin de causette à ceux qui m'écoutent, c'est de là que vient aussi "Galak", le chocolat blanc même pas au vrai lait archi dégueu de notre enfance... et d'aujourd'hui, pour les plus attardés d'entre nous.
Il est à remarquer (en voilà une tournure qu'elle est moche) que la racine gala(ct)- a été peu employée pour former des mots de la famille de "lait", qui a privilégié la racine latine et boudé l'aïeule grecque. Les termes où nous la retrouvons sont directement dérivés de "galaxie" (galactique, intergalactique, supergalactique, infragalactique, médiagalactique).
Je pense, et suis d'accord avec moi-même, que cet état de fait constitue une injustice criante (aaaaaaah!!) envers ce beau mot hellénique, et je propose d'y remédier sans plus attendre en donnant naissance à des bâtards qui renfloueront les flottes trop maigres de l'armada poétique de notre langue chérie (je devrais penser à la reconversion dans le droit pénal ou le syndicalisme... ou m'engager dans la marine). Exemple :
"Que diriez vous d'un gauct vestu,
Qui ha damé sur vot' lait cru,
Disant : Ha ha formage?"
Bonaventure des Périers, Nouvelles récréations, 64
" Jodelet : Cher marquis, peu s'en fallût que vous n'échouâssiez à faire pâmer nos galantes dames.
Mascarille : Comment, cher comte, ne vîtes-vous pas qu'elles étoient furieusement galactrifiées par mes vers ?"
Molière, Les femmes galantes
"Le teint de Madame de Rênal, d'une blancheur galacte..."
Honoré de Stendhal, Le lait dans la vellée
"Le p'tit Louis, en entendant Grand Gé crisser des pneus sur le bitume verglacé, a pas fait long feu : aussi sec ses bijoux de gala s'étaient caillés dans son futal !"
Louis-Ferdinand Berline, Sacré Lactel !
Etc., etc.
Figure de style
Quelle erreur impardonnable pour des fins lettrés comme vous commet-on quand on dit :
"La Voie Lactée est une galaxie" ?
So let's the funk biguine.........
Quelques joycismes de derrière les fagots
Ah ben fallait bien que je me venge sur vous, qui ne m'avez rien fait, pauvres agneaux pascaux (en plein mois d'octobre)...
Frustrée, dégoûtée, la-lami-minée par la soirée de zeudi, et pour mieux en rire, m'en vais vous pondre un petit jeu bien rigoloufoque et sympatimorphe. Ca s'appelle "Retrouvez, si vous l'osez, le sens crypto-caché des plus affriolants joycismes !", et c'est vraiment l'fun. Vous allez voir...
Quelle définition donneriez-vous à :
- un collapsus ?
- un (ou une, genre non défini) aréopagode ?
- un basilikerke ?
- titubéguer ?
Autant vous prévenir tout de suite, personne en ce bas-monde n'a les réponses à ces mystères de la science confuse - pas même leur auteur peut-être, mais c'est un peu tard pour lui demander - donc le prix sera décerné à l'imagination la plus exasbérante, ou la mieux contourdie (ou à défaut, bien que ça m'étonnerait que vous soyiez en défaut là-dessus, la plus alerte). Voilà, je peux dormir sur mes deux oreilles...
Enjoyce !












































