Va donc, hey !... Tabernak...

samedi 10 décembre 2011

Allons, un petit effort...

Bah bah baaaah... Quoi, c'est tout ce dont vous êtes capables ?? Allons donc, je vous sais bien plus fort que ça !! seulement un peu drôlement paresseux, non ?? :p
Mon papa a tenté quelques pistes : c'est un bon début mais je le répète, il s'agit de mener une véritable analyse de ce texte, c'est toute la saveur de ce jeu ! Inspirez-vous des questions que je vous suggérais (qui font partie du jeu, je n'invente rien). Par exemple, commençons par répondre à celle-ci : qu'est-ce que c'est que ce texte, où se trouve-t-on ? Papa a suggéré : au théâtre, pourquoi cette hypothèse ? Il faut argumenter ! Et vous, qu'en dites-vous ?

Pour avoir une idée de quoi ça a l'air en temps "normal", tendez donc l'oreille par ici. Sinon, désolée Olivier, les indices ce sera pour plus tard ! Je vous donnerai les trois noms promis si... vous vous creusez les méninges ! Non mais sans blague ! C'est toujours les mêmes qui bossent ici !!

Allez, j'attends vos analyses. Lancez-vous, jouez aux détectives ! ;)

Des bises à tous.

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lundi 5 décembre 2011

Diagnostic Littéraire à l'Aveugle

Bijour li koupins !

 

Je podcaste depuis quelques mois une émission radio de jeux littéraires du dimanche, absolument géniale pour ceux qui aiment la langue, la poésie et s'amuser comme des gamins ! Ca s'appelle "Des papous dans la tête" et ça passe sur France Culture, à midi je crois. Le titre est un peu ringue - il date de pas mal d'années - mais l'écoute vaut le coup. L'occasion est trop bonne pour ne pas sauter dessus, dans tous les sens des termes, et je ne résiste pas au plaisir de vous faire découvrir, si vous ne le connaissez pas encore, un de mes jeux préférés.

Le Diagnostic Littéraire à l'Aveugle (abrégé en DLA) se joue à un nombre illimité de joueurs - pratique pour ici. L'un d'entre eux propose à la sagacité des autres un extrait de texte littéraire d'un auteur connu, français ou étranger, tiré de sa propre bibliothèque, mais dont il prend soin de cacher le nom. L'extrait doit être assez bien choisi (dans un passage étonnant, ou un livre peu connu) pour être évocateur et intéressant tout en étant subtilement flou et indécidable. Le but est bien sûr de deviner, après une réflexion serrée et collective autour du ton, du style, du genre de l'extrait (et de questions simples comme : où cela se passe-t-il ? de quand date le texte ? qui écrit, un homme ou une femme ? à quel moment du livre se situe l'extrait ? est-ce une traduction ? etc., etc.), qui en est l'auteur caché. Ceux qui jouent sur France Culture sont des écrivains et des grosses têtes. Ils ne trouvent jamais du premier coup, et le plus souvent même pas du deuxième. Pour vous donner une idée du niveau de difficulté... Mais évidemment, avec eux on peut pas prendre le premier classique venu, ils le reconnaîtraient aussitôt - et encore. Par contre, entre nous les débutants, on peut être plus cools.

Voici donc quelques lignes à méditer :

 

"Cette femme lubrique, à qui ne manquent point

Les grimaces, les pleurs, pour appuyer le masque

Dont elle est aujourd'hui devant vous affublée,

Est depuis bien longtemps la maîtresse adultère

Du jeune débauché que voilà ! Messeigneurs,

Ce n'est pas un soupçon, c'est une chose sûre,

Manifeste : on l'a prise avec lui sur le fait.

Le mari débonnaire, hélas ! a pardonné:

Bonté malencontreuse, et qui fait du pauvre homme

L'innocente victime et la plus malheureuse

Qu'un coeur trop généreux ait traîné sur ces bancs !

Car ceux-là ne sachant, si ce n'est par le crime,

Reconnaître un présent si précieux, si rare,

Tellement au-dessus de leur reconnaissance,

Détestèrent d'abord ce bienfait, puis voulurent,

En fait de gratitude, extirper sa mémoire;

Et veuillez observer, Messeigneurs, la malice,

Disons mieux, la fureur des méchants convaincus,

Et comme leurs forfaits leur donnent de l'audace !"

 

J'attends donc, dans un premier temps, vos diagnostics sur ce texte. N'hésitez pas à faire des hypothèses, non tout de suite sur l'auteur mais sur la nature de l'extrait (les questions de tout à l'heure, le genre, le ton, le style... sans oublier le but ultime : trouver l'auteur !); si vous argumentez bien, vous nous convaincrez... ou pas ! Il peut y avoir un dialogue à plusieurs voix, pour relancer, argumenter encore plus, se disputer... autant que vous voulez. Proposez à la fin de votre brillant commentaire ou de ce passionnant débat un ou deux noms, pas plus.

Quand tous les joueurs se seront prononcés, je vous proposerai à mon tour trois noms, que j'ai déjà choisis - donc vous pouvez très bien tomber dessus si vous avez du pif ! - dont le nom gagnant. A vous ensuite d'indiquer votre choix final et surtout de dire pourquoi. Y aura peut-être une surprise pour le ou la gagnant/e, si j'ai la preuve qu'il n'y a pas eu fraude ! Google interdit sinon c'est pas drôle !!!

 

Ce jeu est le plus terrible et le plus frustrant que je connaisse, et j'espère que vous l'apprécierez autant que moi ! Et pour les prochains coups, n'hésitez pas à proposer des textes, que je me torture à mon tour avec vous ! :D

Posté par Tatianouchette à 02:45 - Enigme du jour ! - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
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samedi 26 novembre 2011

Compteur à zéro

Au dernier post - c'était il y a à peine deux jours ! - j'ai évoqué les multiples revers connus ces derniers mois, qui ont eu l'heur de rabattre un peu mon caquet et de m'inciter à toiser l'avenir d'un regard... heu... disons, neuf.

Quitte à tout reprendre à zéro, autant se concentrer d'abord sur ce qui nous fait plaisir. J'ai donc commencé à repenser théâtre.

En cherchant d'abord à m'auto-former, par la lecture de quelques ouvrages, qui valent ce qu'ils peuvent. Peu de bouquins intéressants sur la pratique amateur de la mise en scène. Je n'ai réussi pour l'instant qu'à dénicher une pseudo-théorie marxiste d'un ancien du "Berliner Ensemble", deux manuels québécois en "animation et auto-animation de jeune théâtre" (le deuxième traitant des projets collectifs) qui datent pas mal, ne serait-ce que par leur présentation, et enfin, un "essai" plus récent d'un assez pédant professeur de théâtre reconverti dans la direction d'amateurs, qui a, à mon sens, trop écrit pour ce qu'il a à dire. Tous ces livres ont l'avantage d'être minces, à défaut d'être vraiment convaincants. J'hésite à me tourner vers les pavés pour "pros", qui me donneraient des ambitions et des exigences démesurées. Quoiqu'un détour par les textes des Grands, Stanislavski, Kantor, Brecht (pour rester dans la veine socialiste), Novarina, Peter Brook, Chéreau, Sarrazac et quelques autres, ne serait pas à négliger, pour l'inspiration et la culture qui me manque encore cruellement, malgré mes années d'apprentissage. Entre ces classiques, qu'il est honteux de n'avoir pas déjà lu et médité (hum), et les pauvres feuillets susdécrits, rien à becqueter. N'hésitez pas à partager vos bibliographies...

Je dois ensuite déposer (encore !) dimanche prochain un "univers" de mise en scène susceptible de se greffer dans un macro-projet de performance. Cet univers doit tourner autour : soit des rapports hommes/femmes, soit de l'autorité, soit du temps, soit de l'individu vs. collectivité, soit de la règle vs. les exceptions. Il doit se décliner en cinq "niveaux", du moins au plus fort/ beau/ angoissant/ extraordinaire/ farfelu/ etc./ etc./ etc., à monter dans un seul lieu. Le but étant que des groupes de spectateurs circulent à travers les cinq univers sur les cinq thèmes qui seront traités par différentes équipes, en montant de niveau entre chaque, et participent, parfois directement, parfois indirectement, à ce qu'ils voient.

Pour l'univers "règles/exceptions" pour lequel j'ai réussi à pondre un truc à peu près cohérent, j'ai pensé à prendre cinq moments de la vie d'une famille (ou d'un simple parent) qui décide de recourir à l'euthanasie pour soulager de sa souffrance un des leurs, mais... c'est un peu "heavy" comme on dit ici. Et puis quelle progression y aurait-il, à part la progression intradiégétique, non forcément chronologique - et la progression dans l'insoutenable ? 

En fait, mon idée était d'axer ça sur les différents degrés d'implication du spectateur, de l'émotionnel de base devant tout spectacle de souffrance, à la vraie réflexion par le débat, puis à l'action indirecte sur le cours d'histoire, jusqu'à prendre une position éthique et sociale, d'abord indirectement puis très directement. Ainsi, au 1er niveau il serait un simple "voyeur" de la souffrance du malade et de la question qu'elle pose sur l'euthanasie (scène entre le parent qui prendra la décision et le malade - peut-être dans sa maison et non à l'hôpital), au niveau 2 le parent parlerait de cette souffrance avec un frère/une sœur ou plusieurs (2 ou 3) qui rejetterait totalement la responsabilité de toute intervention dans la vie du malade, au niveau 3 le public choisirait qui prend l'initiative de l'acte d'euthanasie, le parent ou le médecin, après une scène entre eux deux, au niveau 4 c'est l'acte lui-même (enfin sa suggestion, claire mais pudique) et le basculement de la vie du survivant dont on suggère la tenue du procès, au niveau 5 la délibération du jury à la Cour dont les spectateurs font partie, avec vote final pour le verdict. Il ne s'agit pas de jouer les Robert Hossein, ce serait vraiment immonde de faire ça sur un tel sujet, mais disons que le dispositif est intéressant pour ce genre de théâtre "social".

Ok, c'est macabre, et vachement trop sérieux pour un projet qui se veut ludique... mais travaillé avec nuance, simplicité, respect et intelligence, sans caricature ni pathos, je crois que ça pourrait faire un superbe "univers". Qu'en pensez-vous ? Petit hic : chaque niveau doit "durer" entre 10 et 15 minutes... et il risque d'y avoir des longueurs ou des accélérations bizarres, même si la base est très riche. Mais y a sûrement moyen de moyenner... Autre burps : comment rendre justice (!) à une sérieuse délibération et à un vote raisonné et citoyen en 10-15 minutes ? et comment finir si le jury n'atteint pas l'unanimité (ce qui est plus que probable) ? Voilà qui pose certains problèmes techniques mais aussi éthiques...

Sinon... j'ai eu une seconde idée, cette fois autour de notre rapport au temps. Elle est beaucoup plus floue et moins découpée que la première, mais elle inviterait davantage au travail de création collective actif qui est réclamé par le projet général. Les cinq niveaux seraient reliés à un fil d'Ariane : notre propre création du temps. Le temps n'est pas un donné naturel de nos existences, il est une convention  humaine, chacun sait cela. Le micro-projet consisterait donc à recréer le temps en 5 étapes, vers, par exemple, sa plus grande maîtrise, ou encore vers une libération totale de ses contraintes. Ca a le drôle d'avantage de présupposer un plateau presque vide ! Vide d'horloges surtout, et de tout ce qui marque le temps dans notre quotidien. Une belle manière aussi de proposer aux spectateurs un "break", un court passage hors du Temps, pour tenter de comprendre, de sentir notre rapport à lui.

Pour l'enchaînement des niveaux, plusieurs possibilités : 1. si on choisit l'option "maîtrise du temps", les cinq étapes pourraient aller d'un sentiment de découpage anarchique du temps par la société, où il prend sur l'individu une emprise écrasante faute de connaissance de sa réalité, qui le mène à la folie (séquence "allégorique" ou plus prosaïque, comme un employé de bureau qui court après le temps de travail), à une maîtrise personnelle, voire un asservissement de plus en plus radical, dictatorial (temps long sans activité de la prison, où le détenu subit le temps que d'autres ont programmé, jusqu'à l'idée de renverser la situation / temps du jeu comme apparition d'un contrôle possible par l'arrêt volontaire des activités pour se consacrer à autre chose / contrôle de soi et du corps - peut passer par travail-jeu de l'acteur sur son corps pour marquer le temps, le rythme ! / contrôle de son temps = de sa vie : refus de vieillir, sélection de la mémoire ou... décision de mourir). Le spectateur participerait d'une façon à déterminer, à chaque niveau sauf au premier, plus ou moins activement. 2. Avec l'option "libération du temps", on peut imaginer partir d'une de ces situations de contrainte très forte du temps sur l'individu et la société pour évoluer vers un sentiment d'allègement de ce poids par une maîtrise équilibrée ou par une prise de conscience de son absurdité, exemple : si on part de la volonté pathétique de contrôler le passage du temps sur soi, on peut continuer par le niveau 1 du précédent, puis par une plongée dans la répétition des gestes du quotidien avec des fines nuances qui introduisent du fantastique (type "Un jour sans fin"), puis sur l'invention d'une machine à remonter le temps, qui donc le contrôle et l'abolit, pour enfin ouvrir sur l'importance de la présence de l'Être contre le Temps... Aaaaah....

Oui... oui...

Tout ça c'est bien beau, mais aurais-je le Temps de creuser l'idée avant dimanche ? Ôôôôô, propice Heure Zéro, suspends ton cours....

*****

PS : si vous avez le temps de me donner votre avis sur ces beaux projets, ou sur votre préférence, ou encore d'autres idées, employez-le ! Ca me permettra d'en sauver... 

Posté par Tatianouchette à 02:36 - Commentaires [3] - Rétroliens [0]

mercredi 2 novembre 2011

Forget me knot... (Oublie-moi, noeud...)

Non, vous ne rêvez pas, vous venez de recevoir un nouveau post de Vadonctabarnak.

- Vadonkoi ?

- Vadonctabarnak, vous savez, le blog que je tenais quand je vous ai faussé compagnie il y a trois ans, pour rouler ma bosse alone dans la Venise du Grand Nord... Celui qui devait rendre la césarienne moins douloureuse...

- Aaaaaah ouiiiii ! Mais je pensais que t'avais arrêté, parce que les plus courtes sont les meilleures quoi.

- Ben... non. Disons que j'ai dû le mettre... entre parenthèses. Pour des raisons de force majeure.

- Oui oui ça m'revient, c'est vrai que t'aimes ça, les parenthèses... Mais dis donc, c'est un peu fort de café filtré, t'as pas trouvé autre chose, dis, pour justifier 6 MOIS d'absence ??? Parce que dis, eh, faudrait pas nous prendre pour des cons, d'abord tu nous emmerdes avec ta petite vie de fausse Canadienne pratiquement toutes les semaines, et puis tout d'un coup, pouf, plus de nouvelles ! Non mais ! Allez, va donc, hey...

- Tabarnak.

 

Oui, vous avez mille fois raison. Ce n'est pas très correct de ma part. Je vous demande pardon.

Pas écrit sur ces pages depuis six mois. Et pourtant, croyez-moi, j'en aurais eu bien besoin. Ca m'a tellement manqué de pouvoir m'épancher sur elles, en long en large et surtout en travers.

Vous le savez, il y a eu cette fou-thèse. C'est elle, la fautive qui a pompé toute mon énergie pendant ces derniers mois, toutes mes pensées, toutes mes angoisses, toute mon inspiration et tout mon désir d'écrire, toute ma joie et toute ma peine. Elle m'a absolument comblée, au sens fort, sans laisser aucune issue de secours. Je dois avouer que c'est ma première expérience d'écriture aussi intense, aussi nerveuse. La hantise de remettre le manuscrit à temps y est pour beaucoup, faut avouer aussi. Il fallait que je déposasse début septembre, sinon je perdais ma bourse de fin d'études, et la boule par la même occasion. Quitte ou bouchées doubles. Gourmande comme je suis, j'ai finalement pris les bouchées doubles, même si ça n'a pas été sans douleur d'estomac ni indigestions et autres périodes de disette morbide. Je ne calcule plus le nombre de fois où je me suis dit : "Stop ! c'est l'over-dose, dans deux minutes ça va être le coma avec la bave qui coule des lèvres, je laisse tout tomber avant de devenir branque, j'y arriverai jamais, de toute façon ça ne sert à rien, et d'ailleurs ça ne veut rien dire, j'y comprends plus rien moi-même, ce que je dis n'a aucun sens, ils vont bien finir par s'en rendre compte ! ("ils" étant mes deux co-directeurs - ouf, parenthèses, on commençait à plus y croire !)

Et pourtant je continuai. Pourquoi ? Je ne le sais pas vraiment encore. Surtout, je pense, à cause de mon côté ultra-rationnel, qui m'oblige à finir un travail commencé - et si proche, somme toute, de sa conclusion. Mais aussi parce que... au fond, si je suis honnête avec moi-même... oui, je crois que j'ai aimé ça ! Je me suis découvert un côté maso bien caché, qui a réussi à jouir de sa situation de forçat. Jouissance d'ascète, entendons-nous bien. Extase de cénobite, à se secouer tout seul. A de rares moments, trop rares hélas, j'ai connu le grand frisson de l'Inspiration, quand elle voulait bien me tenir compagnie. Alors, impossible de décrocher du clavier, mes doigts brûlants étaient rivés aux touches, leur moiteur effaçait les lettres blanches, mes yeux exorbités voulaient percer l'écran, mes synapses vibraient au bord de l'électrochoc. J'en venais même à saillir de ma chaise et à déambuler dans mon appartement pour me calmer, ébauchant des raisonnements im(com)parables, échafaudant des phrases percutantes comme la foudre, limpides comme des rivières de diamants ! Ca pouvait durer deux, trois heures, toute une nuit et jusqu'à l'aube ! Puis, rompue par l'effort, je m'effondrai sur ma couche de misère, aspirée dans un sommeil frénétique entrecoupé de rêves hargneux.

Le dies irae passé, restait la gueule de bois, et les pages écrites la veille, qui, à la nouvelle lumière du jour, semblaient beaucoup moins dictées par une divinité de la sagesse que par quelque savant fou fraîchement débarqué de la Lune. Mais ces moments d'abattement avaient aussi leur saveur, celle que doit avoir dans la bouche le poète maudit, ce grand incompris de l'Existence, dont l'Histoire seule sauvera les dépouilles portées avec abnégation, pour les faire claquer entre les bourrasques de la Postérité...

Et encore, faudrait pas qu'elles soufflent trop fort, les bourrasques. Ca risquerait d'arracher les derniers restes d'estime. Dans ces moments-là, l'envie de mettre le manuscrit à la corbeille et de la vider me démangeait les phalanges, je vous le dis. Mais finalement non, parce qu'on a son petit ego, que voulez-vous.

Après toutes ces mortelles péripéties en fauteuil, j'ai remis le gros (400 pages !) tas de science confuse, imprimé et relié, à la grâce du jury... qui ne l'a pas vraiment été, grâcieux, lors de la soutenance qui suivit, le mardi 18 octobre... Il paraît qu'une soutenance est un moment agréable, où tu discutes avec des "presque collègues" pour aller plus loin dans ta réflexion, si tu as envie. Bernique. Au lieu de cette croisière de plaisance vers le Grade de Docteur, trois heures et demi de cauchemar (suivies d'un dîner non moins absurde), vilipendée par un pompeux spécialiste de Molière qui avait certains comptes à régler avec l'institution - fallait que ça tombe sur moi ! - et qui, malgré mon admiration pour ses travaux, m'a dégoûté de sa personne et des dix-septièmistes en général. Du coup, malgré les sourires forcés, mes arguments et le soutien de mes codirecteurs, ambiance tendue à l'extrême, membres du jury braqués et inquisiteurs, doctorante déboussolée, à bout de nerfs. Et résultat mitigé : mention Excellente pour le Canada, c'est-à-dire Très Honorable en France, mais moral à Zéro à la sortie.

Il m'a bien fallu un mois pour m'en remettre, entourée des miens, dans ma ville source.

Aujourd'hui, comment ça va ? Eh bien, je ne peux plus entendre le mot "économie", "valeur", "gestion", "calcul", "avare", "machine" ou "usure" sans être parcourue de spasmes violents ou sans crises aiguës d'urticaire. Je me demande toujours comment  vouloir faire carrière à l'Université avec si peu de propension à l'académisme et au sérieux que réclame la Recherche. Horriblement revenue de mes illusions, pour le travail comme pour les loisirs, j'erre en quête d'un avenir rémunéré et d'un projet de théâtre - et de l'énergie pour les réaliser - après la lamentable fin de la première troupe des Francs-Parleurs, qui a précédé de peu la débâcle doctorale. J'ai peur de marcher dans la rue et qu'on me reconnaisse. Je ne sors qu'à la nuit tombée, en rasant les murs, pour dénicher les reliefs de soupers d'Halloween dans les poubelles du voisinage. Les lampadaires m'éblouissent. Mes membres se racornissent et mes cheveux tombent.

Bref, je vais mieux.

 

Posté par Tatianouchette à 21:06 - Commentaires [3] - Rétroliens [0]

dimanche 29 mai 2011

Permis Vacances-Travail

Salut la compagnie ! que devenez-vous ?? Donnez des nouvelles, on manque de vous icitte !!

 

D'mon booord, toujours dans la rédac de l'énorme fout... hum, l'énorme manuscrit à remettre au 31 août. J'ai écrit plus de la moitié maintenant, il me reste la dernière partie (la plus rude), et à revenir sur la première très en détail, puis intro conclusion et emballé c'est pesé. Actuellement je suis dans un entre-deux où je déprime, je lis plein de trucs pour me noyer dans la Science, ce qui ne m'aide absolument pas à rendre intéressant ce que je veux dire moi, je prends des notes (peu pour une fois, mais ne mettons pas la charrue...), j'essaie de mettre en ordre mes idées nébuleuses sous forme de pseudo-plan... bref, je n'écris pas et procrastine, parce que l'entrée dans l'écriture est toujours une épreuve : on n'est jamais assez bien armé intellectuellement, jamais assez prêt, jamais assez en forme, jamais assez inspiré, alors, pourquoi se mettre à écrire, je vous le demande ?? Mais, une fois qu'on y est, après un laps de temps élastique, une fois qu'on y prend plaisir, eh bien, dans ces conditions, parfois, en de rares éclairs, le sujet trouve sa cohérence et son intérêt, et je ne peux plus le lâcher. Ou plutôt, il ne me lâche plus, il me reste collé au crâne pendant des heures, des nuits entières, il m'enpêche de dormir, parce que les idées géniales et révolutionnaires arrivent en masse, à la pelle à déneigeuse pour l'autoroute Décarie ! alors il faut à tout prix se relever, rallumer l'écran, noter avant d'oublier, et, de fil en plume, traverser à nouveau la nuit rivée à sa table de torture. Lors, c'est l'euphorie, doublée de l'insomnie, cocktail explosif pour génies attardés.
Quelques jours plus tard, en relisant ou en y repensant, on se dit que ce n'est pas avec de telles idées que l'on va publier, et que rien ne sort de cette fout... de cette connerie de thèse de merde.
Et c'est à nouveau l'angoisse. L'angoisse de l'inutilité.

A part ça, mon ami Armando s'en va aujourd'hui, sous la grisaille. Il va rejoindre le doux soleil printanier de Paris. Le veinard.
Ca m'a fait plaisir de le voir, ça brise la monotonie des jours de la thésarde. On s'est baladé hier dans le Centre-ville tout en lumières. J'aime rejouer les touristes ici, ça me rappelle des bons souvenirs.

En attendant de rejouer les touristes, j'ai 2-3 trucs à finir...

Posté par Tatianouchette à 18:54 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]




mardi 29 mars 2011

Philoso-fions

Quoi, deux semaines ont déjà passé ??! Misère.

Faut dire que j'ai pas chômé : j'ai ENFIN fini la partie d'analyse sur les oeuvres anglaises, je l'ai soumise à mes directeurs en début de semaine dernière, quelques jours avant l'arrivée de mes parents sur le sol canadien... car oui, pour enclencher la partie suivante, je bénéficie de l'aide familiale à domicile pour 2-3 semaines, quelle veine hein ?? : )

Le tableau serait parfait s'ils n'étaient pas tous deux dans un état de fatigue avancé, qui s'est traduit pour ma mère par un angine carabinée qui va bien la bloquer pendant la moitié du séjour... Quel dommage qu'ils s'empêchent de profiter de leurs moments de joie, par sens trop aigu de la culpabilité... et quel dommage que j'ai si bien hérité de cette tare congénitale, comme d'autres mycoses...

Néanmoins, l'arrivée imminente - et terriblement attendue - du printemps, la clarté sans bornes du ciel, la vitalité de l'air devraient les remettre d'aplomb. J'espère que ce séjour leur accordera le repos qu'ils méritent.

Demain on enregistre la deuxième "shot" pour la radio. Moi, je reprends, comme quelques autres, mon premier texte pour le raccourcir et le conformer plus aux exigences de l'oral, qui n'a jamais été mon fort, comme vous le savez... Ca tombe bien, car je commence à me dire que je n'aurai pas vraiment eu le temps de pondre autre chose, surtout si les rencontres ont lieu aux deux semaines.

Je me tâte vraiment pour continuer. Pas que le projet ne soit pas motivant, mais disons que je n'ai actuellement pas besoin ni envie de me prendre la tête à l'extérieur de mes préoccupations thésardes. Et l'ambiance à la radio, pour l'instant, est plus guindée - même si "jeune" - que ludique... Bon, c'est sûrement aussi à moi de rentrer plus dans leur "univers" à tous ces intellos québécois, et je vais m'y efforcer demain (aie aie aie), mais si ça ne donne rien je crois que je vais laisser tomber pour cette année. Un peu la mort dans l'âme, car voilà encore une belle occasion de se mêler à la société québécoise qui part en fumée, probablement par ma propre faute... Connerie connerie mais qu'est-ce qui va pas chez moi hein ? Serais-je comme Desproges, une invidiualiste patentée ?

Je réécoutai l'autre jour ses deux spectacles et une de ses interviews. Le groupe lui fait peur, il ne s'y sent en tout cas pas à l'aise. Seul contre tous, ça oui, ça le branche, mais se mêler aux masses, il n'en faut pas parler. A la fois grand humaniste et misanthrope, goûteur raffiné de la vie et fasciné par la mort, il n'était pas à une contradiction près, le p'tit père. Son premier spectacle est incroyable, très simple, assez court : un coup de poing à la gueule du public. J'ai longtemps préféré le deuxième au théâtre Grévin; aujourd'hui je redécouvre le premier soufflet qu'il a osé infliger aux spectateurs, et j'en reste baba. Il ne cesse de nous renvoyer à nous-mêmes, au pourquoi de notre venue, à notre statut de spectateur-voyeur, à notre ignorance et à notre infériorité. Pour de rire bien sûr, mais tout de même... C'est révolutionnaire et génial.

Je ne suis pas en train de dire que je pense et sens tout comme lui, attention ! Je suis bien moins à l'aise dans ma propre vie que lui, j'ai pas atteint non plus son âge canonique. Mais je tire quand même de bonnes leçons d'humilité  de ma morne retraite de thésarde. L'isolement "forcé", dans un pays lointain et / ou dans un intérieur douillet - Descartes aurait dit un "poêle" - remet les pendules à l'heure, redéfinit les priorités, relativise certaines amitiés, en rehausse formidablement d'autres... En même temps qu'il modifie mon train-train quotidien, il me donne matière à réflexion et à nuance.
 
Comme quoi, on peut bien devenir philosophe sans bouger les oreilles.

Posté par Tatianouchette à 01:43 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

samedi 12 mars 2011

Onde de choc

Chers amis !

voici le texte que j'ai enregistré hier soir pour la première émission de radio "globale" (le nom a été déposé, alors vaut mieux pas que je me fasse choper).

Je vous le livre légèrement modifié, en ajoutant des conneries que je ne pouvais pas me permettre dans une compagnie aussi sérieuse (quelle frustration !) :

 

"Afin de m’ébrouer le corps et l’esprit de mes élucubrations thésardes, je décidai de passer une soirée au Théâtre du Nouveau-Monde. Pour une fois, au lieu de m’esquinter les yeux sur un écran, j’allais pouvoir m’émerveiller in situ devant les dernières technologies montées sur tréteaux, béer d’admiration au spectacle naïf d’effets spéciaux hollywoodiens comme seule l’Amérique sait nous en offrir, me pâmer d’extase à la vue des décors grandioses et d’une scénographie à couper le souffle, bref, j’allais avoir du rêve plein les mirettes pendant deux heures, et j’en avais bien besoin. Justement, ce soir-là, on donnait La Belle et la Bête, cet aimable conte jadis sublimé par Cocteau, remis au goût du jour par les fameux Lemieux et Pilon. Je dois confesser que la première fois que j’entendis le nom de cette compagnie d’artistes spécialistes en multimédias qui décoiffent, j’ai candidement cru qu’il s’agissait d’un de ces innombrables duos d’humoristes dont le Québec regorge, et dont nous sommes humblement incapables de comprendre un traître mot de l'autre côté de l'Atlantique, à moins d'un entraînement intensif coaché par François Pérusse. Rassurez-vous, depuis ces temps virginaux, j’ai appris de quoi il retournait, et aussi qu’il fallait se méfier de ce qu’on croyait entendre. C’est donc parfaitement avertie de la teneur et de l’intérêt de leur travail que je me suis rendue, pantelante d’impatience et de curiosité, à cette prestation vespérale.

Las. Avant même le lever du rideau, il a suffi qu’Andrée Lachapelle ouvre la bouche et profère « Qui suis-je ? » pour réduire mon enthousiasme à néant. Non qu’elle ait subitement perdu, au gré de cette question somme toute banale, sa présence envoûtante, d’autant moins dans ce rôle de conteuse, qui seyait comme une robe de bal à sa grave diction. Non que son monologue – d’une profondeur certes discutable – sur le sens de la vie, de la mort et de l’amour, m’ait d’emblée désarmée par son insignifiance. Simplement, je ne reconnus pas sa voix. Ou plutôt si, je la reconnus, mais je n’entendis pas sa voix, sa voix à elle, sa voix aux chaudes modulations, au timbre suave comme une liqueur d’un bel âge, ourdie de ses entrailles (attention je suis pas en train de dire qu'elle est cuite quand elle joue). A la place de son clair phrasé, j’entendis son microphone.

J’étais déjà allée voir une pièce ou deux au Nouveau-Monde. Le moins qu'on puisse dire, c’est que ce théâtre n’a pas volé son nom. Pour moi qui courais les théâtres de poche parisiens et les spectacles confidentiels, que j’apprécie d’ailleurs toujours autant quand j’ai le bonheur d’en trouver un à Montréal, pour moi qui snobais le Châtelet et assistais trop peu à la Comédie, ou alors du poulailler, ce que je ne conseillerais à personne, eh bien, c’est assez dépaysant. Un vaste espace sobre, sombre, sans fioritures, pratique, moderne. Et, du moins le croyais-je, d’une neutralité parfaitement adaptée à l’expression effrénée des talents pluridisciplinaires à l’état brut. C’était oublier les enceintes cachées çà et là dans la salle, qui retransmettent le son de la scène de façon égale pour tous les spectateurs.

Nous sommes tellement imbibés de culture média, radio, télé, ciné, que nous oublions parfois de porter attention à ce que nous entendons. Il est vrai que la qualité de captation et de transmission du son s’est grandement améliorée à l’avènement du numérique. Il est souvent difficile de croire que le locuteur n’est pas juste au creux de notre oreille mais éloigné dans l’espace et dans le temps, protégé de la rumeur du monde par des murs insonorisés, que l’enregistrement a été ensuite purifié de tout résidu d’improbable virus acoustique non encore éradiqué. Nous avons l’habitude d’être ainsi doucement bercés par nos sens. Mais au théâtre, nous redevenons critiques. Le moindre battement de cil se voit jusqu’au fond des balcons – j’exagère à peine. Les cas de visibilité aveuglante s’aggravent paradoxalement quand il s’agit d’effets sonores, où que soit sis son siège. La précision de la retransmission s’entend, et même on n’entend plus qu’elle, elle amplifie à nos tympans le souffle du micro porté par l’acteur ou habilement dissimulé dans des recoins discrets, elle numérise la voix, désarticulant son « corps » pour le reconstituer aussitôt, avec une hypocrisie et un sens du « ni vu ni connu » tout théâtral. Quant à nous, nous sommes les témoins impuissants de cette subtile et insidieuse désincarnation, déchirés et rejetés violemment hors de la nature. Mes yeux perçoivent toujours des corps entiers, réels ou virtuels, de taille normale ou surdimensionnée, qui se déplacent dans un espace en remuant les lèvres, mais ils ne peuvent en croire leurs oreilles qui captent un son dissocié, latéral, para-spectaculaire. De l’illusion théâtrale, le spectateur de l’ère numérique est passé à la mystification des sens. Si j’insiste sur le TNM, c’est que c’est dans cette salle en particulier qu’une telle dislocation des sons et des corps qui les émettent m’a sauté aux yeux et aux ouïes, et m’a terrassé jusqu’au noir final.

Qu’on me comprenne, je n’étais pas habituée, moi. A l’Odéon, où j’ai eu l’occasion d’assister à une Médéerendue quasiment inaudible par l’une de nos bredouilleuses professionnelles sur grand écran, zéro micro pour subvenir à la défaillance vocale de la Mère terrible. Le flux montait comme il pouvait jusqu’aux baignoires, et le spectateur n’avait qu’à se détendre les cervicales et les muscles auriculaires avant de venir. Les efforts étaient répartis démocratiquement, ou presque. Au TNM, à cause du zèle que déploient les scrupuleux gestionnaires à porter le son jusqu’au client, je suis assourdie par l’accumulation de technologies qui crient leur présence. Dans ces conditions, même le mythique Lepage, que je découvrais enfin en 2009, me laisse un arrière-goût amer, celui de n’être pas complètement « entrée » dans le spectacle, d’être restée en marge, à distance dans ma zone de confort. Malgré la splendeur du « show », la débauche d’effets spéciaux néoromantiques – très réussis il faut l’avouer – servie par Lemieux-Pilon, je n’ai pas eu l’impression qu’on me parlait, mais qu’on hurlait à mes yeux et surtout à mes oreilles combien ce que j’avais sous le nez était bien fait. En plus, comme je n’étais pas au niveau de « l’œil du roi », une partie des décors en hologramme m’échappait, sapant encore mon impossible élan. Faut-il donc être obligatoirement dans les cinq premiers rangs pour apprécier une production au TNM ? Ou bien le lieu, nonobstant ses dispositions avenantes, n’est-il pas encore vraiment adapté au type de théâtre que nous proposent Lepage ou Lemieux-Pilon ? Les salles obscures sont ses enfants ; quel espace hybride pourra naître de l’union de l’écran sous toutes ses formes aux planches ? Quelle autre manière de regarder et d’écouter une présentation, une performance, à mi-chemin entre l’engloutissement dans les images et la distance du quatrième mur, sera inventée ? Peut-être, pour une immersion visuelle et sonore totale, qui semble être le but des créateurs actuels, faudrait-il imaginer des dispositifs scéniques où le public serait au centre, comme Wajdi Mouawad avait tenté pour Ciels, solution qui charrie aussi son lot d’inconvénients.

Mais il restera au TNM sa nuisance sonore, qui me désolidarise du spectacle. La caméra vidéo s’est coulée dans l’espace théâtral et scénique avec une aisance goguenarde, créant des images toujours plus épatantes, fondant sa matérialité sur le plateau, ou au contraire l’envahissant ironiquement, rendant virtuel l’acteur lui-même, ou l’incitant à jouer avec elle, à en détourner l’usage enregistreur, à danser sur le fil du différé, ou encore redessinant et intensifiant le trait de la lumière en contours nets et précis… Pourquoi alors une telle résistance, esthétique et acoustique, du théâtre au micro, même de nos jours où, pour ainsi dire, nous en avons l’habitude ? Peu d’études, même au sein du courant des « sound studies », ont à ce jour exploré ces voies/ix problématiques. Quelques laboratoires, au Québec et en France notamment, constatant cette résistance du son médiatisé à la scène jusqu’aux années 50 environ, ont conclu, avec un peu d’embarras et beaucoup de prudence, que l’opacité du micro, autrement dit notre malaise par rapport à son usage dans les temples de la déclamation « live », s’expliquait par la pesanteur de l’institution, qui impose jusqu’à aujourd’hui son espace, son organisation et son protocole de reproduction sonore. En définitive, si le son des baffles du TNM me trouble, c’est que je ne l’ai pas intégré dans mes habitus de spectatrice archaïque. Tant pis pour moi. Plutôt que de gémir complaisamment sur les ruines d’un Théâtre aboli, je devrais cesser cette quête absurde de l’authentique voix, d’une « high fidelity » inaccessible, de l’ « aura » perdue du spectacle, dont Walter Benjamin disait qu’elle n’était de toute façon pas reproductible, et dont on s’aperçoit maintenant qu’elle n’a même jamais été transmissible. Jonathan Sterne, dans un ouvrage paru en 2003[1], a d’ailleurs fort justement souligné l’absence de préséance du son dit « live » sur son frère médiatisé en matière de qualité perceptive, puisque le « live » est créé par le différé. En effet, d’après Philip Auslander[2], le « live » n’existe pas, car le son subit toujours une médiation quelconque, et l’essentialisme médiatique non plus, renchérit Sterne : le média ne possède pas « d’anticorps » qui le défendent quand on l’attaque. En revanche, la réaction du public varie en fonction du média. Face au son médiatisé, elle fut longtemps instable, paresseuse, rétive à l’adaptation, mais une fois la leçon apprise, plus de problème, tout peut passer par nos canaux auditifs. Bref, si nous sommes à présent sortis de l’âge pithécanthropien des oreilles sensibles, c’est pour mieux nous précipiter à l’aveuglette dans l’âge de pierre « sonoptique » - ce fut le thème du Mois Multi à Québec cette année, alors n’allez pas dire que j’en rajoute.

Pourtant, quand je vais au théâtre, même si j’aime retrouver des codes, un rituel vénérés, je veux surtout être encore étonnée, surprise, soulevée d’une allégresse originelle par cette sensation, vécue à douze ans à la Comédie-Italienne, d’accueil et d’oubli de soi dans un univers magique qui m’était totalement étranger deux minutes auparavant ; je veux participer. Le TNM et son « système surround » me frustrent de cette attente viscérale. Il instaure une distance intolérable entre mes yeux, mes oreilles, et ce que je vis dans le moment présent. Il me cloue, mi-rechignant mi-consentante, dans une autre dimension, un autre rapport entre la scène et la salle, qui nie l’adhésion, dynamite les derniers retranchements de l’unité aristotélicienne du spectacle. Et, pour l’instant, tue mon plaisir. C’est pourquoi je serais curieuse d’assister par exemple à une séance de théâtre « ambiophone » développé par Claire Piché, créatrice et chercheuse à l’UQAM[3], qui travaille sur « les deux aspects d’un événement sonore : le son de… et l’espace entourant sa production », pour « éliminer la contrainte temporelle liée à l’art des sons fixes (musique concrète) », et amener le spectateur à « prendre une part active au déroulement du scénario, au même titre que les artistes sur scène »".



[1] The Audible Past: Cultural Origins of Sound Reproduction. Durham: Duke University Press, 2003

[2] Liveness: Performance in a Mediatized Culture, Second Edition. Abingdon, New York: Routledge, 2008

[3] L’Odyssée des médias-sons : fondements théoriques et pratiques de l’approche ambiophone de l’environnement sonore et de la scène auditive à validité écologique. Montréal : Université du Québec à Montréal, thèse de doctorat

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mercredi 9 mars 2011

Persée - 2ème tentative

http://lapetition.be/en-ligne/petition-9491.html 

 

... avec toutes mes excuses, et en espérant que cette fois-ci ça marche !

Posté par Tatianouchette à 11:17 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

Persée

Bonjour à tous,

un mot rapide pour vous inviter à signer la pétition pour sauver Persée, un site de ressources pour les études en Sciences Humaines et Sociales, que plusieurs d'entre vous connaissent peut-être.

En tant que chercheuse, ce site m'a parfois été d'une grande aide, car il contient beaucoup d'articles sérieux et d'ouvrages sur tous les sujets possibles, y compris en littérature. Et ce n'est pas si fréquent de trouver de l'information d'une telle qualité sur le net.

Bref, la disparition de ce site, prévue pour le 10 mai prochain, va laisser un gros vide... et gâcher formidablement un travail de 8 années. A cause de quelques fonctionnaires peu scrupuleux, courbés devant le fric (même si c'est pas dit clairement, on sent un truc dans le genre là-derrière...).

Vous pourrez lire tous les détails de cette affaire à l'adresse suivante :

[url=http://www.lapetition.be/en-ligne/Persee-en-peril-9491.html][img]http://www.lapetition.be/images/btn_signpet_fr.gif[/img][/url]

 

Merci pour votre soutien, et gros bisous !

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lundi 7 mars 2011

Encore une

Eh oui, encore une, encore une sacrée "tempête hivernale", comme on dit par ici, pour éviter de dire platement "tempête de neige".  C'est vrai que ça sonne bien mieux, on dirait presque du Mallarmé... Presque...

Je reprends le fil du blog en ces temps de crise, je sens que j'en ai vraiment besoin. Ultime tentative de me rattraper à quelque chose de réel, d'humain, même si, pour le coup, ça semble virtuel et lointain. Au moins, je sais que certains d'entre vous me reçoivent cinq sur cinq. Ce blog est un cordon vers le placenta, une ligne télégraphique à travers les champs de l'espérance, je devrais payer un abonnement. Ah non c'est vrai, c'est moi qui ai demandé la correspondance.

Bon, ça va pas fort mon affaire. Je me suis promis de rendre ma première partie demain, je suis loin d'avoir fini. A chaque fois, un petit coup psychologique à prendre dans le subconscient. C'est jamais recommandé d'accumuler le retard, pour le bon moral. De plus, je sais pertinemment que ce n'est que le début de mes peines. Alors si le début est moins pire que ce qu'il y a à venir...

En plus, comme si tout le monde s'était donné le mot, j'ai bien deux ou trois amis qui organisent une fête pile le soir où je serai coincée derrière un micro, pour lire un texte qui doit être génial, intelligent, drôle et plein de sous-entendus, sur un sujet que j'ai choisi moi-même mais qui me barbe maintenant que je dois le traiter - tiens tiens - et dont je n'ai pas encore pondu une ligne. Bref, au lieu d'avoir une chance d'enfin me détendre parmi des proches, ou au moins de faire la bringue avec des fêtards, me voilà embrigadée par ma propre faute avec des inconnus très "petite clique intello branchée" qui se dézingue à coups de rouge et puffs de pétards (à part ceux que je connaissais avant, qui gardent une dignité) dans une histoire incertaine, stressante en fin de compte, et même pas rémunérée.  

Enfin, relativisons. Si je regarde par la fenêtre, je vois que je ne suis pas la seule en galère. Une pauvre dame lutte pour dégager sa bagnole coincée entre les congères. Pas de bol de pas avoir de parking couvert privé dans ce bled. Ou d'avoir une bagnole, c'est selon. Elle accélère, vire à droite, à gauche, pour sortir de l'ornière. Deux types du remorquage se sont même pointés, mais ils sont repartis après avoir juste brisé le banc de neige. La dame reste avec sa pelle au milieu des flocons pulvérisés.

Tiens, le crépuscule. Allez, autant profiter du rayon de soleil de la journée.

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dimanche 6 mars 2011

Printemps ??!

Frères et soeurs outre-atlantes !

j'espère que vous fleurissez en ces premiers jours de temps printanier - oui, je suis très bien renseignée sur la météo française grâce aux efforts conjugués de la C.I.A. (Centre d'Informations Alliées) et du F.B.I. (Fédération des Bulletins Intermétéorologiques).

Quant à moi, je m'étiole et pourris comme les plantes en pot dans mon salon, déprimées par l'absence prolongée des bienfaits solaires sur leurs délicates nervures fatiguées. Bon, bien sûr j'exagère, ya pire comme sort, mais l'hiver semble extensible à l'infini cette année, et la progression de mes travaux atteint péniblement la vitesse de l'escargot arthritique et au stade terminal de l'asialie. Du coup, j'ai l'impression d'être enterrée vivante (bon, faut dire que les tempêtes de neige à répétition y invitent) et de passer mon temps à regarder mon écran et mon fond de casserole alors que concrètement la chevauchée n'est pas fantastique !

J'en suis toujours à la première partie de ma thèse - la deuxième dans le plan - un vrai cauchemar sans issue. C'est pourquoi je n'épiloguerai pas, de peur de réveiller de vieux démons endormis.

Bon dimanche et faites de beaux rêves.

Posté par Tatianouchette à 13:54 - Commentaires [3] - Rétroliens [0]

mercredi 16 février 2011

Globe-trotter et blog radio

Je viens de recevoir des nouvelles d'un ami parti en Thaïlande pour un stage en massage, après son séjour en Colombie et son passage dans cinq aéroports ! Y en a qui se font pas chier, j'vous l'dis moé...

Hélas, ce n'est pas demain la veille que je pourrais prendre mes pompes de rando, mon ptit sac à dos et ma casquette de globe-trotter pour aller parcourir le monde ! et pourtant, tous mes nerfs réclament une pause !!

Je suis en plein rush d'écriture - la bonne nouvelle, c'est que je m'y suis remis, avec des hauts et des bas, mais de façon suivie au moins. J'essaie de pas paniquer en considérant la lenteur de mon avancée, la pauvreté critique de mes analyses - mais je suis sévère envers moi-même paraît - et la masse éééénooorme de boulot qu'il me reste à abattre avant de pouvoir taper le mot "fin". Encore un peu plus de cinq mois à tirer, et je serai, avec un peu d'espoir et d'optimisme, libérée de mes chaînes doctorales, mais d'ici là, quelle galère !!

Bon, j'arrête de vous miner le moral - et le mien a fortiori ! - avec mes histoires plates de thésarde en friche.

Parlons d'avenir, enfin évoquons-le rapidement, comme en passant.

J'ai rencontré la semaine dernière un groupe de jeunes intellos certifiés Québécois d'origine, réunis autour d'un prof de fac à la retraite reconverti en gourou des villes, pour papoter micros et ondes sonores. L'idée était de lancer une radio internet qui aurait pour sujet... la culture, rien que ça ! Un genre de France-Inter au pays des orignals, pour y pallier la platitude générale des stations fm, et faire la nique du même coup au succès jamais détrompé des stations météo, des stations-service, et des stations de ski bien sûr.

Mais attention, avec que des "tit gars", des bambins du transistor, des étudiants de mon âge ou plus jeunes - j'ai souvent l'impression d'être Agecanonix depuis que je vis ici.

Le but : enregistrer des mini-chroniques, des débats, des entrevues, afin d'être sur le hertz à la fin 2011, bref, c'est du sérieux.

J'ai déjà quelques envies qui me démangent... Pourquoi pas une critique bien léchée de la petite clique intello-bobo justement, qui n'a franchement rien à envier à la nullité et au snobisme de la nôtre ? Un regard aiguisé et acerbe sur l'hypocrisie des "accommodements raisonnables" ? Ou une improvisation comparée sur les joueurs de la LIM et de la LIP ?

Tant de sujets sont possibles...

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vendredi 4 février 2011

Stratégies

Sombres jours du combattant, obscures clartés du ciel d'hiver.

Depuis ce matin en lutte contre les administrations. Ne nous plaignons pas, l'ennemi est bien plus avenant et serviable que son équivalent compatriote.

Il fait un temps superbe et je suis enfermée !!!!! C'est inadmissible.

Mais si je ne l'étais pas (enfermée), je me retirerais des chances de l'être (admissible), à la prolongation du permis, ou tout simplement au versement de ma bourse de fin d'études....

Vous ne comprenez rien à tout ceci ? Normal, c'est stratégie ! et le stratège doit se tenir au secret et motus.

Et pendant ce temps, à Vera-Cruz....

Pouf-pouf.

Pendant ce temps, à Montréal, ma bonne ville où parlent les marmottes à la fin des tempêtes, où chantent les écureuils sur leur fil haute-tension, ma thèse n'avance pas, jamais assez.

C'est pourquoi, à partir de maintenant, et comme promis à certains afficionados de ce blog (ils sont légions) qui me reprochent mes silences radio trop prolongés, je ne posterai plus que de brèves missives, courtes nouvelles du front pour vous faire en quelques mots le point de la situation, et s'assurer qu'au Nord, rien de nouveau. Au moins, je l'espère, une plus grande régularité compensera la perte de qualité et de longueur des anciens messages...

Allez, merde, je descends faire un tour.

Posté par Tatianouchette à 15:35 - Commentaires [3] - Rétroliens [0]

jeudi 9 décembre 2010

On efface tout, et on recommence

Retour sur le versant immaculé des pages et des saisons. Maaaaudit qu'ça fait longtemps !! : )

Heureuse de vous retrouver le temps de frapper quelques touches.

Il s'en est passé, depuis ces quelques mois de silence. Mes parents sont donc repartis, entre la fin septembre et le début d'octobre. L'arbre devant mon balcon, côté chambre, perdait doucement ses rougeurs. Il a été l'un des premiers sur la rue à se parer des belles couleurs de l'automne, comme si ma fenêtre avait été désignée pour un nouvel avènement. Puis les feuilles ont quitté les branches tendues dans l'attente, et le tronc, tout chétif et esseulé, a vu s'éloigner à regret celles à qui il est de toute sève attaché, portées par les courants aériens, et se poser sur la terre originelle.

Après, ce fut le grand tourbillon. Les vents déchaînés, sans boussole pour indiquer. Pas freiné jusqu'au 26 novembre, date à pierre blanche et croix de bois croix de fer, si je mens je vais en enfer, à souligner en rouge fluo sur l'agenda de l'Apocalypse. En ce jour très saint, mes bien chers frères, humains de tous les pays unissez-vous, eut lieu, de 20h15 à 21h15 exactement, au "Centre d'essai", car si on n'essayait pas on n'y arriverait pas, non loin de la Tour de contrôle qui veille nuit et jour sur Planète UdeM, et devant une centaine de petits martiens attirés par la lumière, eut lieu dis-je, parce qu'on commence à s'y perdre dans cette phrase à méandres, la première de la Cantatrice chauve, du grand Eugène, mise en scène par... MOI !!!!!! Maintenant, vous pouvez applaudir.

Cette aventure a été, je pense, la plus forte de ma courte vie. Une première à plus d'un titre.

Première fois que je dirige, au sens plein du terme, une vraie troupe de comédiens, avec énormément de talents, et quelques grosses têtes.

Premières confrontations, en un temps réduit, à la pression d'un groupe et d'un planning serré qu'il a fallu produire et tenir, aux affres de la poursuite du projet - se fera, se fera pas ?, aux allers, et aux retours, parfois dans la figure, pour rester polie... mais première concrétisation, tout de même, d'un projet collectif et brillant, à moyen terme.

Premier contact avec l'autre côté du miroir, la décision du placement des corps dans un nouvel espace, des intonations, le choix des costumes, des accessoires, des ambiances, des significations.

Première gestion de tout le plan technique - un exploit pour moi, qui gravite si loin de cet univers !

Première réalisation de phantasmes, scéniques seulement bande de pervers.

Première étincelle du grand feu de joie dont j'ai brûlé pendant trois mois.

Bref, premier frottement au "métier", à ses bonheurs, à ses splendeurs, à ses sueurs.

Car ça n'a pas été de tout repos. Comme c'est souvent le lot des artistes à la petite semaine, et même des pros faut avouer, on a travaillé dans des conditions assez précaires, changeant cinq fois de salle de répétition, sans décor presque jusqu'à la fin. On a dû "faire semblant" pendant deux mois et demi, s'efforcer d'imaginer ce spectacle qui voguait dans l'abstrait, croire qu'on était dans une soirée mondaine au pays des enfants, entre Superman, les séries à suspense et la grande musique russe fin-de-siècle, et non dans une bête salle de cours au plafond défoncé et au froid néon. J'ai dirigé des scènes en ombres chinoises sans ombre, en priant pour que l'image qui apparaîtra sur le rideau blanc, quand la scène sera plongée dans une obscurité émerveillée et que la lumière viendra le frapper, soit telle que je l'ai espérée et pensée dans mes rêves de grandeur, nette, magique, magnifique.

J'avais négocié avec la salle de production pour jouer deux jours, vendredi et samedi. Mais, à un mois du spectacle, coup de théâtre - un vrai, avec tonnerre et confusion, et c'était pas des effets spéciaux - le samedi 27 nous était coupé, pour le bien du premier show de la TUM ! Merde !!! Moi aussi, c'est une première !! Un Trafalgar des planches, sans radeau pour sauver l'honneur. J'ai eu beau râler, faire des pieds et des mains - en restant courtoise, car j'ai été bien éduquée, mooa - supplier qu'on nous laisse nos deux jours, rien à faire; la TUM, la troupe dans laquelle je jouais l'année dernière encore, cette ingrate, passe, et les poussières s'effacent. On a donc dû laisser tomber notre samedi, la mort dans l'âme. Jouer avant Noël n'était plus envisageable, car demander à six personnes, plutôt difficiles à réunir rien que pour les répétitions, de bouger leurs projets au dernier moment, essayez voir. Y a toujours, bien sûr, la possibilité de jouer en 2011... mais, dans ma tête, ce serait repousser le projet d'écriture initial aux calendes grecques, car je ne me vois pas mener deux projets aussi gros de front, l'année où je dois déposer ma thèse. Affaire à suivre donc, soit on poursuit sur notre lancée de gloire, soit on efface et on recommence.

Car le spectacle du vendredi a été une belle réussite : un bon public qui nous attendait au tournant, une technique un peu câbrée mais qui a tenu la bride, des acteurs plein potentiel, une metteur en scène-techno son assommée par la grippe en ébullition à la régie... ont présenté une pièce pas mal survoltée, et ma foi, fort honorable, pour une première à caractère vraiment unique. C'était même du grand art, de la haute voltige sous chapiteau et sans filet, si on pense à toutes les difficultés par-dessus lesquelles nous avons sauté ! Un dvd a été mis au point, que j'ai bien hâte de voir... et de vous montrer à mon retour jeudi prochain !

Oui, retour au bercail pour les douceurs de Noël, après tout ce travail acharné. Je rentre, comblée d'honneurs, et du rêve plein les yeux, pour un petit mois parmi les miens. Un repos de la guerrière, pas volé celui-là. J'arriverais sûrement mieux à vous décrire, une fois à Paris, mon sentiment par rapport à ces trois derniers mois. Pour l'instant, je vis encore dans un brouillard, et une purée de poix, ça met du temps à se décanter. Je ne sais pas si le rhume que je me tapais m'a ramolli le cerveau au moment des faits, mais toute cette expérience a encore un goût étrange, aigre-doux, indéfini. Il faut laisser le temps... Et puis, d'autres projets sont à venir, la thèse, qui n'en peut mais, l'écriture, peut-être le montage de notre future pièce "made by Francs-Parleurs". D'autres départs, d'autres recommencements...

Et l'hiver. Montréal a revêtu son grand manteau blanc, et j'ai ressorti le Kanuk. Les déneigeuses révisent leur grand ballet et agitent leur gros balai. Des bennes entières de neige entassée vont et viennent la nuit sur Saint-Hubert. Long, soyeux hiver.

Halloween à peine achevé, les Québécois sont passés en mode "Temps des Faïïtes". Le pays n'est plus qu'une avalanche de sucreries, de guirlandes, de clochettes, de jingle bells et autres joujoux. Sur Radio-Canada, première chaîne nationale, c'est la frénésie. Les "dernières" des shows phares du petit écran se succèdent dans une hâte digne du réveillon, depuis le 1er décembre. Tout vous parle de Noël, les innombrables émissions de cuisine, les plateaux de jeux à haute incompétence intellectuelle, les pubs rouge et or pour la rôtisserie Saint-Hubert, les meubles Sears ou Coke votre "liqueur" préférée, les animateurs de "talks" bidons et bedonnants s'ébrouent pour revêtir leurs faux habits de gala. On en parle même dans le JT, entre les projets de taxe sur les transports du maire Tremblay, pour désengorger le centre de l'Île, et l'anniversaire de la mort de Lennon, pour rengorger les tiroirs-caisses. C'est dire si, entre temps, tout va bien dans le meilleur des mondes. On chante en famille, on rit en famille, on se gèle en famille. On attend toujours le Messie, de ce côté de l'Atlantique. La première tempête s'est abattue sur la ville il y a trois jours, recouvrant, en moins de temps qu'il n'en faut pour dire "Tiens, il neige", toits et briques, trottoirs et piétons, sapins et écureuils, de grandes louches de crème fouettée par un facteur vent qui vous sert pas, lui, du réchauffé. Du coup, c'est la grande réconciliation universelle, avant la Nouvelle année où on va pouvoir recommencer les mêmes conneries.

Mais pour l'instant, chuuut, Montréal se blottit sous sa couette bien douillette. Dieu borde ses enfants, il veille au grain des innocents. Il sourit à les voir ainsi gesticuler. En me promenant à travers les rues enneigées, je souris moi aussi, amusée par ce qui m'entoure, heureuse d'être là, dans cette aventure du bout de la terre, et aussi pour éviter que mes lèvres se gercent. Le paysage a changé en un seul jour, surprenant les Montréalais au saut du lit, comme doivent l'être les Touaregs, quand les vents facétieux du Sahara s'amusent à déplacer subrepticement leurs dunes familières. Les rues ont réduit de moitié pour se border de haies glacées. Les hommes, les femmes, les enfants qui rentrent de l'école, creusent dans le blanc, spéléologues rendus à la surface, crachés des entrailles du globe; ils s'enfoncent dans les flaques de boue givrée avec aisance, sans même jurer, par habitude; ils poussent les traîneaux pour bébés sur les routes, et rigolent quand ils ne trouvent plus le bord du pavement, disparu sans laisser d'adresse sous le tas de farine où ils clapotent gaiement; ils shootent dans les congères, avec des branches mortes ou à coups d'après-ski, en rêvant d'être Cammalleri, Price ou Hamrlik. J'ai failli me perdre le premier jour en allant prendre mon métro, tellement la topographie urbaine a été remodelée, d'un coup de baguette magique, par le grand designer Hivaiiir. Le rapport jour-nuit s'est lui aussi inversé : le ciel du matin est saturé de flocons qui obstruent l'aube pâle, le soleil se couche à 16h; mais alors, la neige, soleil de minuit, se met à briller de mille feux sous l'éclat des réverbères. J'ai été frappée en regardant par ma fenêtre, le premier jour, tandis qu'un voile de mariée en furie flottait au-dessus de l'aréna. Il devait être 4 ou 5h du matin. Je travaillais à ma thèse avec la ferveur du désespoir, pour rattraper le temps perdu à mes gamineries en boîte à rideaux. Je me lève pour m'étirer les muscles, et soudain je m'aperçois que je vois comme en plein jour. La rue entière, trottoir et voie routière, sapins, cabine téléphonique, sans oublier l'abri-bus, tout était immaculé. La terre ainsi rajeunie, lavée de ses péchés, pardonnée avec la bénédiction d'en Haut, narguait la mine sombre d'un ciel sans étoiles donc sans Dieu. On voyait juste passer quelques astronautes, pionniers de la Ville et braves travailleurs, encapuchonnés jusqu'aux yeux, trouant la surface de cette lune détrônée des premiers pas de l'humanité.

C'était beau, c'était pur, ça ne pouvait pas durer. Déjà aujourd'hui le centre de la rue est tout dégagé par le passage incessant des voitures et des déneigeuses, et ses bords, gris de gadoue. Les branches des sapins commencent à ployer sous le poids de l'innocence, et leurs pommes en pleurent de dépit. La ville a un côté terni, fondu, reniflant, vaincu. Les miracles ne durent qu'une nuit, on le sait depuis un certain 24 décembre. Mais sous ces latitudes glacées, on sait également que les rigueurs de l'hiver ont leur avantage : à chaque tempête, on efface tout, et on recommence.

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mardi 21 septembre 2010

Fin de semaine qu'on voudrait pas qu'elle finisse

Mes amis !

Nous sommes revenus hier, toute la petite famille, de la fabuleuse île d'Orléans, qui fait face à la ville de Québec !! La ville, on la connaissait pour y être allés il y a cinq ans environ, aussi n'y avons-nous fait qu'un saut, histoire de dire bonjour et de gober un hambourgeois.

Mais le gros du voyage a été de parcourir cette île, posée comme un joyau de prix sur le fleuve St-Laurent. Nous avons bénéficié de trois jours de temps magnifique, de samedi au lundi. Que de choses à raconter ! les arbres de toutes les couleurs, les maisons, le fleuve aux reflets changeants, les petites productions agricoles... on s'est régalé les yeux et la panse ! Le mieux est peut-être de vous laisser découvrir en images ce périple bref mais intense. Les explications y sont, pour la plupart, si vous quittez le mode diaporama. Mais je vous conseille de vous le passer d'abord en défilé, pour goûter aux paysages magiques... Je vous ai concocté des photos sans titre inesthétique, mais hélas assez mélangées. Il n'y a pas de fonction sur ce maudit blog pour les remettre dans l'ordre après les avoir téléchargées...

Pour le reste, je dirais que la rencontre de nos hôtes a été primordiale. Je rends ici hommage à Michel et Micheline Turgeon, qui ont été tout simplement parfaits, accueillants, chaleureux, généreux... Nous avons longuement bavardé les matins autour de la table familiale... Les petits déjeuners de la dame sont à tomber par terre, à base de produits locaux, notamment de sirop d'érable dont on a visité la fabrique !!! Nous étions en gîte avec un couple de Français de Nîmes, sympathiques retraités, le mari plutôt bavard, elle gentille mais relevant de maladie.

Nous avons sillonné l'île du nord au sud et d'est en ouest, sans se lasser de passer par les petits villages, les champs, les vignes... A nous arrêter aux bonnes auberges, ou aux boui-bouis populaires... A découvrir un peu de la culture québécoise. Le dernier jour, détour par Québec, au cours d'une pause déjeuner qui nous a permis de mieux appréhender la splendeur de l'endroit, sous un royal soleil d'automne. On n'a pas tort de considérer la ville comme la troisième plus belle au monde, après Paris et San Francisco. J'avais eu à l'époque une impression de ville très touristique et, en dehors du vieux centre, plutôt provinciale et ennuyeuse. Mais le centre d'affaires est très dynamique, et les différents quartiers que nous avons traversés en remontant vers l'autoroute 20, Sillery notamment, sont des plus avenants. Et le campus de Laval ! Ca doit être le pied en cette saison !

Bref, un week-end reposant, joyeux, luxuriant, énergétique ! Ca fait du bien de voir autre chose que son écran. Qu'il va falloir d'ailleurs reprendre, car depuis l'arrivée des parents je lui ai été fort infidèle....

Je vous reparlerai du reste de leur séjour une prochaine fois, on a fait quelques autres belles ballades, et demain nous dînons - c'est-à-dire que nous déjeunons - avec mon oncle Michel, qui vit à Sherbrooke mais vient nous rencontrer à Montréal. C'est un Bourguignon, de la famille côté paternel, immigré depuis plus de cinquante ans !

Je vous laisse, l'heure de souper - c'est-à-dire de dîner - a sonné !

Posté par Tatianouchette à 20:01 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]

Soooo beautiful !

Je n'aurais qu'un mot (répété trois fois) : MERCI MERCI MERCI !!!! :D :D :D

Ca m'a fait énormément plaisir et beaucoup de bien de constater que vous étiez toujours au poste, pour la plupart d'entre vous. Pour les autres, j'espère que tout va bien, et que ce silence n'est dû qu'à un emploi du temps de rentrée trop chargé. Comme je vous comprends, et comme je compatis !! Je pense bien à vous tous.

Et quel bonheur d'apprendre de si bonnes nouvelles ! Que de projets, que de beaux plans d'avenir, que de belles rencontres et de découvertes enrichissantes en perspective !! Je suis teeeellement fière de vous !! ;) De savoir que vous allez bien me réjouit et me galvanise.

Cette rentrée n'est pas des plus faciles pour moi, sur le plan de la motivation, vous le savez. L'arrivée de mes parents, attendue avec impatience et trèèès désirée, a bien sûr chamboulé le rythme. On sort plus souvent, on fait des petites courses pour la maison - d'ailleurs faut que je mette des photos très bientôt, ça a changé !! :-) - on fait des beaux voyages - encore une fois, photos et récits à venir !! Bref, la vie reprend, même si le travail en pâtit. J'espère cependant bénéficier de cette propulsion pour garder un rythme par la suite. Et j'espère que les coups de gueule ne le ralentira pas !!

Je vous écris très bientôt pour la suite des aventures de la semaine.....

Bisous !

Posté par Tatianouchette à 11:30 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]

mercredi 8 septembre 2010

Rentrée... dans le lard !

Salut les amis.

OUFFFF ! Quel début d'année éprouvant, mes chers vous tous !!

Et dire que c'est pas fini !!

Quoi de neuf ? Rien, à vrai dire. Je continue le programme défini au cours de cet été, et depuis l'an dernier. Mais qu'est-ce que c'est dur de le mettre en place, et de le tenir !!

J'ai un mal fou à travailler sur ma thèse. Trop de trucs en tête. Et puis, je ne sais trop où je mets les pieds. Je me suis lancée dans l'écriture sur les conseils de mon directeur, mais Dieu sait dans quel gouffre je me perds... Le plus dur en ce moment, c'est de continuer.

De continuer, avec aussi le théâtre qui bouffe pas mal de temps, et qui est plus passionnant, avouons-le. Mais aussi très usant. Je sens beaucoup de réticences et de doutes de la part de certains membres du groupe, rares heureusement. Espérons que ça va s'améliorer au fur et à mesure de notre progression, mais pour l'instant, je suis en "test". Et même si j'ai très confiance en cette troupe et que je sais où je vais, c'est pas toujours évident d'en convaincre les autres ! That's the game, I suppose...

Bien, eh, j'aimerais avoir un peu de vos nouvelles, je me languis de vous et de vos messages !! Que devenez-vous ? Le preux Oliv ? Jean qui s'thêtai ? Ma Zophyre préférée ? Je veux savoir, moi !! :)

Mes tendres petits parents viennent me rendre visite dans deux jours !! je vous écrirai quand ils seront là. En attendant je me réjouis de les accueillir dans ma petite maison hihihi !!! J'aurais certainement plus à vous raconter, car ma vie autonome est bien monotone... et galérienne !

Bon, je fais court, un couscous maison tout chaud, ça n'attend pas !

Plein de gros becs, à bientôt, vous me manqueeeez !!!

Posté par Tatianouchette à 20:51 - Commentaires [5] - Rétroliens [0]

mercredi 18 août 2010

La vie est un long fleuve tranquille...

Salut les gens de Paris ! et les autres, s'il y en a !

juste pour vous dire que je mets en ligne quelques photos qui pourraient vous rappeler quelque chose... ;-)

Comme ça, vous pourrez pas dire : loin des yeux loin du coeur !

A part ça, rien de bien neuf. Je me remets au travail sur ma thèse, c'est pas une partie de plaisir. Beaucoup de doutes et d'angoisses à l'horizon, surtout celle de pas finir dans les temps impartis... Je triture mon sujet et mon plan dans tous les sens, y a toujours un truc qui cloche, qui ressort du tissu comme un fil mal cousu... C'est pas beau, et c'est énervant ! Du coup, j'essaie de contacter mon directeur, qui m'aide bien en général, mais on est en août... En attendant, je tourne, je butte, je m'échine, je m'escagasse le neurone, je rogne, je tasse, je développe, je disperse, je ventile. "Raoul" ne répond plus. Alerte rouge !

J'ai donc tout arrêté depuis aujourd'hui, et j'essaie de penser à autre chose, mais il en est des sujets de thèse comme d'une mouche : une fois entrée par la fenêtre, brosse-toi pour la faire sortir par la porte... Je l'ai donc prise à sa place - la porte, pas la mouche - quoique ? ces phrases à tiroirs, on n'y comprend plus rien !!! - pour me dégourdir les papattes et éviter de sombrer dans la folie furieuse avant le 1er septembre (après on peut, c'est remboursé par la carte Soleil). Je suis allée me balader le long de la rivière des Prairies, tout au nord de l'île de Montréal - eh oui, Montréal est une île, étonnant, non ? Une promenade est aménagée sur tout son pourtour. Je n'ai pas pris mon appareil, mais je vous promets de n'y pas manquer la prochaine fois pour vous montrer. Le soir commençait à tomber, une fraîche brise balayait le talus et ridait l'eau, les petites vaguelettes venaient rire sur les minces bandes de terre du rivage. Les maisons et les immeubles de Laval - la banlieue nord de Montréal - sur l'autre rive, se découpaient sur un ciel orangé, où passaient, majestueux, les lourds cortèges de nuages pluvieux. Une douce lumière les auréolaient, comme l'éclat des joyaux de leurs couronnes. Sur la berge encore humide des orages de la veille, des joggers soufflaient, des retraités digéraient, des dormeurs duvalaient, des bourgeoises du coin agitaient leur toutou. Il n'y a pratiquement pas de barrière avant ce bras du fleuve à certains endroits, on a vraiment l'impression d'être chez soi.

Je rentrai, apaisée, en lorgnant au passage les lustres et les antiquités des baraques de rêve qui ont les pieds dans l'eau, ou presque.

***

J'ai enfin acquis une petite télévision avec un lecteur dvd rouge pompier ! je capte quelques chaînes, mais c'est pas le luxe. Pour l'instant, ça me suffit bien, et je ne dois pas me laisser tenter par les sirènes du câble... Et puis ça meuble un coin du salon qui faisait vide !

Demain, le programme n'est pas très défini - aïe ! C'est soit bibliothèque - mais j'en ai ma claque de lire et de lire des bouquins, à chaque fois ça me complique la tâche ! et puis j'ai l'impression que ça ne sert plus à grand chose...mais bon, c'est surtout relire certains trucs que je dois; soit suite de l'écriture de la pièce que nous écrivons avec la troupe - vaudrait mieux dire : que J'écris avec UN Franc-Parleur. Et reprise du pilatès ! Je sens que je vais avoir besoin d'un ou deux défouloirs, qui me sortent la tête de la thèse et de la gestion de troupe... J'ai contacté aujourd'hui un club de lecture qui serait en formation... Nous verrons ça...

Bien, il se fait tard, c'est l'heure du coucher ! Bonne nuit les petits !!

Posté par Tatianouchette à 00:52 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]

mercredi 11 août 2010

Blues, deuils, et nouveau départ

OUI, ELLE EST DE RETOUR !!!!!!!

Pas du pôle Nord, ni du futur, mais bien de ma ville natale, j'ai nommé Paaaaris, où j'ai passé un mois non moins que fantasque et tastique en votre sémillante compagnie, les jours de beau temps.

Et back du même coup - bing ! aïe ! - sur les pages fanatiques et funambules de ce blog qui n'en peut plus d'attendre le prochain post, les jours de pluie.

Cela dit, il fait beau, et très beau même, au moment où je frappe ces quelques lettres, qui, comme libellules au bord du lac, de brin d'herbe en brin d'herbe, iront voleter d'écrans en écrans, et se poser délicatement sur vos pupilles dilatées d'admiration... (oui, la poésie, et les parenthèses, sont également de retour - ne me remerciez pas, je sais qu'elles vous ont manqué)

Le soleil tape en ce début d'aprem, le festival de blues fait sa grande répétition avant le soir de lancement, j'ai de la musique plein les oreilles... Du blues pour contrer le blues ! C'est original. Et pourtant, malgré la nature riante, la sève qui déborde à flots, les départs en vacances, les notes jazzy qui se glissent par la fenêtre grand ouverte, le vague-à-l'âme ne se laisse pas intimider. Il est bien présent, et se réjouit en son coeur quand les idées sombres rappliquent : la montagne de boulot à venir, les batailles qui restent à livrer, envers moi surtout, pour parvenir à mes fins, les soucis outre-atlantique aussi, et l'angoisse lancinante des lendemains incertains, les longues heures d'étude et de solitude... L'année qui commence n'a rien d'engageant, vue de l'extérieur, et le mois d'août enterre peu à peu celle, si douce en regard, qui vient de s'achever. Août, mois des bikinis, des flirts et des deuils. La terre échauffée tanne les peaux, stimule les hormones et laisse pourrir ses rebuts dans l'indifférence générale.

Rebondir. Ne pas se laisser gagner par la torpeur et le pourrissement. Réagir, nom de Dieu ! J'ai amorcé le mouvement ce matin, en me baladant à travers le joli parc Ahuntsic, mon jardin, qui accueille le Festiblues du 11 au 15. D'un côté les staffs techniques, enroulés dans les câbles haute tension et les chanteurs basse tension, de l'autre les gamins du neighbourhood ou des centres de vacances, imperturbables dans leur acharnement à s'amuser, malgré la chaleur et les grillons. Quelques flemmards étalés au bord du point d'eau, à l'heure où les lions sont sobres. Un groupe de musique multi-ethnique et dissident, autour d'une table de pique-nique, frappe du tabla et du clavier pour fêter les festivaux estivaux. Je m'assois quelques longues minutes sur un banc, et je lézarde.

Finalement, vu de l'extérieur, comme de l'intérieur, ça va pas si mal. Mes membres sont encore rompus par la frénésie parisienne - qui vous poursuit même quand vous vous terrez chez vous pour écrire ! - mais je sens qu'ils vont se dégourdir sous l'effet bénéfique de ce climat provincial. Le travail m'attend, certes, mais pour en sortir grandie, libre, et constitue, j'espère, un pas vers la réussite et l'apaisement. Alors bon, prenons les choses une à une, "Que sera, sera". L'ampleur du défi, autant pour la thèse que le théâtre, n'est qu'un méchant fantôme, il disparaîtra à mon réveil. Normal d'avoir peur sur le moment qu'il me bouffe tout cru.

En attendant, I got the blues - le blues m'a eue, c'est à mon tour - et hop, un beau blog tout propre avec un nouveau titre pour démarrer en fanfare !

Bisous à tous, je pense fort à vous, et ça m'aide... 

Posté par Tatianouchette à 15:40 - Commentaires [3] - Rétroliens [0]
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lundi 3 mai 2010

Dans son p'tit nid était un p'tit oiseau

Tiguidi trouititiii !!

L'oiseau de nuit vous siffle le bonjour du haut de sa branche, à vous gens d'Outre-Ciel qui voyez en ce moment le soleil se lever...

Eh ben, il a du plomb dans l'aile, le zosio, et surtout plein les pattes ! Après un mois d'attente, 30 nuits passées au trou, 20 matins de misère et de mal au dos, 10 jours à trépigner d'impatience, 5 à compter ceux qui me restaient, j'y suis enfin, up in the air !

Le nid est encore un peu vide, il attend quelques brindilles à disposer ça et là pour l'agrément - oh, une paille ! - et il prendra enfin apparence coquette et douillette. Je vole demain jusqu'au repaire scandinave des déplumés dans mon genre pour me fournir - sans m'en mettre plein le bec, cela s'entend. S'agit pas de jouer les linottes. En attendant (l'attente devient mon passe-temps favori), cela ne va pas sans quelques turbulences. Si je m'organise assez bien, d'autres cervelles d'oiselles sont un peu trop dans les nuages... Du coup, il faut un peu les pousser dehors pour avoir droit de cité. Rassurez-vous, tout devrait s'aplanir bientôt, sans jacasserie ni criaillerie. Mais je vous avoue que je suis plutôt impatiente d'en finir, pour profiter enfin du calme que je mérite, après tous ces loopings. 

La semaine à venir s'annonce orageuse, tant du point de vue du climat et de la pression atmosphérique que de la charge de travail et de la tension des synapses. Un colloque à préparer, des heures à rattraper à la job, puisqu'évidemment je n'ai pas pu prendre mes meubles dès ce week-end, des heures de joie sponsorisées par Ikea en perspective... Les ailes m'en tombent ! Mais je me dis que cela est passager, que bientôt grâce à ces efforts je serai parée pour l'hiver, et la migration paraît moins longue.

J'ai peu eu l'occasion de repérer mon nouveau territoire jusqu'ici, mais ça s'annonce bien : la promenade Fleury est pleine de petits commerces sympas, j'ai un beau parc juste en face de mon balcon, trop génial pour se prélasser dans l'herbe, le métro pas loin... Bref, je sens que je vais m'y plaire ! Moi qui suis une indécrottable urbaine, citadine jusqu'à l'os, j'ai l'impression d'être perdue à la campagne, tant le quartier est calme et avenant. Beaucoup de belles maisons familiales, de petites cours et arrière-ruelles où jouent les enfants le dimanche après-midi, la Rivière des Prairies à proximité, du vert et du vent.

Tabarnaaaak, ça fait plaisir !!! Vive Montréal !!! :-)

Posté par Tatianouchette à 00:23 - Commentaires [4] - Rétroliens [0]
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